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23/09/2015 13:11 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Sao Paulo : contre l'austérité, des manifestants occupent le ministère des Finances

Criant des mots d'ordre contre les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement brésilien, des centaines de manifestants vêtus de rouge ont investi mercredi le siège du ministère des Finances à Sao Paulo, a constaté un photographe de l'AFP.

Quelque 200 des 1.500 protestataires rassemblés contre les mesures d'austérité de la présidente Dilma Rousseff se sont installés avec leurs banderoles dans le hall d'entrée du ministère où ils promettent de rester jusqu'à ce que le gouvernement négocie.

"Nous n'accepterons aucune coupe dans le logement", a déclaré le leader du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST), Guilherme Boulos, au site G1 de Globo.

A Brasilia et à Rio, des centaines de personnes ont protesté également devant le siège du ministère des Finances contre le nouveau plan d'austérité de 17 milliards de dollars.

Membres du MTST, professeurs et fonctionnaires ont manifesté à Brasilia devant le bureau du ministre des Finances, Joaquim Levy, tandis que non loin de là, 1.500 Sans Terre - traditionnellement alliés au Parti des travailleurs (PT) au pouvoir - essayaient d'envahir le ministère de l'Agriculture aux cris de "L'agrobusiness tue!". Ils ont été repoussés par la police.

"Ce gouvernement qui au début a été considéré comme progressiste, a perdu ses principes de gauche", a déploré auprès de l'AFP Roni Morais, un professeur de psychologie de l'Université fédérale du Mato Grosso do Sul (centre-ouest du Brésil).

"Le peuple est révolté, c'est lui qui paye la facture de la corruption", a estimé Rubens Rambo, un fonctionnaire de la présidence en grève depuis plus de cent jours, en allusion au scandale de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras qui éclabousse la coalition de centre-gauche au pouvoir.

A Rio, une centaine de sans-logement ont fait cuire des haricots noirs devant le ministère des Finances, un acte "symbolique".

Le Brésil, la 7e économie de la planète, fait face à une conjoncture de récession, chômage en hausse et inflation tandis que Dilma Rousseff, au plus bas dans les sondages, peine à mettre en place un plan de relance.

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