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23/09/2015 09:03 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Mondial-2015 - All Blacks: Cane, désir d'avenir

Il est venu le temps pour Sam Cane de sortir de l'ombre des géants et de s'affirmer comme l'avenir des All Blacks, puisque le jeune 3e ligne sera capitaine pour la première fois jeudi face à la Namibie en Coupe du monde.

Forcément, il n'est guère facile de briller quand devant soi deux glorieux aînés tiennent le haut du pavé. Coincé entre l'emblématique flanker et capitaine Richie McCaw (143 sélections) et le N.8 et vice-capitaine Kieran Read (79 sélections), Sam Cane, âgé de 23 ans et 25 sélections au compteur, prend son mal en patience.

Mais il faut soigneusement préparer le futur et semer des graines derrière les deux trentenaires, une nécessité au pays du Long nuage blanc qui a une suprématie à entretenir en dépit d'un réservoir structurellement limité.

"Dans le futur proche, Rico (McCaw, ndlr) va revenir et reprendre les commandes et, après lui, quelqu'un comme Kieran Read assumera sûrement le rôle à plein temps. Mais, encore après, vous vous demandez qui va frapper à la porte", résume le sélectionneur Steve Hansen.

"Sam peut côtoyer de très près deux des plus grands leaders dans le monde du rugby, donc il a eu un apprentissage de choix", appuie Hansen, tout en avouant qu'il tromperait son monde s'il disait avoir vu dès le départ en Cane, pourtant un modèle de précocité, un capitaine en puissance.

- Heureux face au Trèfle -

"Je ne crois pas au concept de leader-né, c'est un mythe fabriqué de toutes pièces", ajoute Hansen. "Cela commence par de bonnes performances. Et, si vous jouez suffisamment bien, vous êtes sélectionné de plus en plus. Or, je ne pense pas qu'une seule fois Sam ait mal joué pour les All Blacks."

Le jeune homme, champion du monde des moins de 20 ans en 2011, est cependant méticuleusement biberonné pour se préparer un destin en or. Appelé dès juin 2012, au lendemain du titre mondial des All Blacks, alors qu'il n'était qu'un "bébé" dixit Hansen, Cane a immédiatement brillé.

Pour sa première titularisation, en juin 2012 face à l'Irlande, il a ainsi livré une partie majuscule, inscrivant 2 essais et réalisant 16 plaquages. Excusez du peu.

Confortablement installé dans le vivier All Blacks, Cane, qui est aussi un cadre des Waikato Chiefs, où il a fait son trou dès l'âge de 17 ans, attend son heure depuis, avec 11 titularisations seulement en 25 sélections vêtu du maillot frappé de la fougère argentée.

"Mentalement, c'est un peu un défi mais il faut se souvenir à quel point c'est super d'être là et s'assurer d'être toujours prêt à jouer car on ne sait pas ce qui peut se passer", positive Cane. "Les semaines s'écoulent comme ça et vous vous dites: mon dieu, je préfère être à ma place que n'importe où au monde. Ce n'est pas trop dur".

- "Ca m'a planté là" -

Convié dès 2013 dans le petit cercle formel des "leaders" des All Blacks, en charge de la stratégie et de la vie de groupe notamment, voilà donc Cane sommé de mener les troupes face aux modestes Namibiens, l'occasion rêvée de lancer dans le grand bain ce fils d'éleveurs de biches et de cerfs.

"J'espérais que l'équipe serait un peu remaniée" après la victoire contre l'Argentine dimanche (26-16), admet Cane, qui se disait "qu'il serait chouette de pouvoir débuter". "Mais Steve m'a dit que non seulement je commencerais, mais que je serais en plus capitaine. Ca m'a planté là un petit moment", confesse-t-il.

"C'est vraiment spécial de devenir un All Black pour la première fois mais de devenir capitaine, c'est encore au-dessus", poursuit-il.

Une nouvelle qu'il a pu annoncer le matin même à ses parents, venus à Londres soutenir leur fils. Et ce n'est pas parce qu'on est capitaine des terribles All Blacks, que l'on mesure 1,89 m et que l'on pèse 103 kg, que l'on n'est pas friand d'un peu d'amour maternel entre deux découpages.

"Maman m'a fait un câlin pour me féliciter, c'était bon de pouvoir partager cela", glisse-t-il en souriant.

cf-jmt/pga/pel