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23/09/2015 13:25 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Les deux collaborateurs d'Al-Jazeera libérés, des journalistes aguerris

Mohamed Fahmy et Baher Mohamed, les deux collaborateurs de la chaîne Al-Jazeera du Qatar graciés et libérés de prison mercredi en Egypte, sont des journalistes aguerris.

Ils avaient été condamnés fin août, en compagnie de l'Australien Peter Greste qui travaillait également pour Al-Jazeera, à trois ans de prison par un tribunal du Caire pour avoir "diffusé de fausses informations" et travaillé sans les autorisations nécessaires.

Mohamed Fahmy

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Le Canadien Mohamed Fahmy, 41 ans, avait été embauché quelques mois avant son arrestation comme chef de bureau au Caire pour la chaîne qatarie.

Né le 27 avril 1974 au Caire, il a émigré avec ses parents en 1991 au Québec et y a obtenu la citoyenneté canadienne.

Diplômé de l'université de Vancouver en administration des affaires, Mohamed Fahmy a débuté dans le journalisme en 2003 comme interprète, pour le quotidien Los Angeles Times en Irak, où commençait l'invasion américaine. Il fait de cette expérience un livre, "Direction Bagdad: chroniques de la guerre irakienne vue par un interprète".

M. Fahmy a collaboré ensuite avec plusieurs télévisions du Golfe, puis la Croix-Rouge internationale, avant d'être un temps embauché par CNN en 2011. Il a également travaillé comme pigiste pour la BBC.

En septembre 2013, la proposition d'Al-Jazeera de lui confier les rênes du bureau du Caire lui offrait la possibilité de s'installer dans sa ville natale avec sa fiancée Marwa Magid.

Il avait renoncé à sa nationalité égyptienne pour ne garder que celle du Canada, en espérant pouvoir bénéficier comme M. Greste d'une mesure d'expulsion, en vertu d'une loi autorisant sur décret présidentiel l'expulsion des étrangers condamnés.

A l'annonce de la grâce, la fiancée de M. Fahmy a indiqué que ce dernier voulait essayer de récupérer sa nationalité égyptienne.

Baher Mohamed

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Contrairement à ses confrères étrangers, le journaliste égyptien n'était pas éligible à une expulsion, et il avait peu de chance de quitter la prison, même si sa famille avait toujours espéré une grâce présidentielle.

Baher Mohamed, 31 ans, a couvert les révoltes du Printemps arabe en Libye, au Yémen et en Egypte. Il a travaillé comme pigiste pour un média japonais pendant cinq ans avant de rejoindre Al-Jazeera mi-2013.

Père d'une fille et de trois jeunes garçons, il n'avait pu assister à la naissance du dernier, né alors qu'il était en prison.

"Il était toujours présent au milieu des violences en Egypte", soulignait son frère Assem, car "il était toujours soucieux de relayer lui-même les faits, plutôt que de s'appuyer sur d'autres sources".

Son épouse Jihan avait déclaré qu'elle espérait "une grâce présidentielle ou un acquittement en appel".

bur/feb/hj