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23/09/2015 04:40 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Le pape en visite à la Maison-Blanche

Le pape François aura un tête-à-tête avec le président Barack Obama, ce matin, avant de prendre un bain de foule dans les rues de la capitale américaine. Des centaines de personnes se massent déjà près de la Maison-Blanche.

Le souverain pontife, qui entame une visite de six jours aux États-Unis, a d'ailleurs été accueilli, exceptionnellement, par le président Barack Obama et sa famille à son arrivée près de Washington.

Selon l'économiste et essayiste français Édouard Tétreau, qui a participé aux réunions préparatoires de ce voyage, si le souverain pontife va célébrer au cours de sa visite les bons côtés des États-Unis, il n'est pas exclu qu'il y tienne « un discours vif » à propos de la menace que posent la finance et la technologie « si on ne les régule pas avec de la conscience ».

En entrevue à 24/60, avec Anne-Marie Dussault, lundi soir, Édouard Tétreau rappelle que pendant la crise financière, en 2008, le président américain avait dit qu'un « contrôle parental » devait être exercé sur Wall Street.

Or, « aujourd'hui, sept ans après, on peut dire que ce contrôle existe, mais c'est Wall Street qui l'exerce sur Washington, la Maison-Blanche et le Congrès, avec une puissance financière très forte sur la politique américaine », observe l'économiste.

L'une des principales critiques du « pape des pauvres » à l'égard du système capitaliste, « c'est l'idolâtrie de l'argent », dit M. Tétreau. Mais une autre des critiques que le pape François pourrait émettre, selon lui, porte sur le fait que l'argent ne circule pas suffisamment.

Le souverain pontife est très engagé, et « cela énerve beaucoup de monde », note Édouard Tétreau.

« Le pape dit clairement, par exemple, qu'il faut mettre un terme aux énergies fossiles, graduellement, mais qu'il faut y mettre un terme pour passer au renouvelable, souligne-t-il. Je note que cela n'a pas beaucoup plu à Jeb Bush, qui a dit : "moi, je ne vais pas à la messe pour écouter des questions d'économie ou de politique" ».

S'il se fait critique, le pape sera-t-il écouté des Américains? L'économiste croit que oui, en partie. « Nous parlons d'un des hommes les plus populaires aux États-Unis. Pas uniquement chez les Hispaniques, mais il y a 80 % d'opinion favorable pour le pape... Il y aura beaucoup de standing ovations au Congrès. J'anticipe beaucoup de liesses, beaucoup de ferveur. Et en même temps, du côté de l'aile dure des républicains, et peut-être de l'aile la plus conservatrice de certaines églises, il y aura des grincements de dents. »

Le pape François s'adressera demain aux deux chambres du Congrès, une première pour un pape. Il est par la suite attendu à New York et aux Nations-unies. Il présidera finalement dimanche une grande messe à Philadelphie où plus d'un million de fidèles sont attendus, après avoir rencontré des prisonniers.