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23/09/2015 14:24 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Jour 53 de campagne: Thomas Mulcair tente de se mettre au-dessus de la mêlée

OTTAWA — Au 53e jour de la campagne électorale, Thomas Mulcair a cherché à se mettre au-dessus de la mêlée, jugeant que le discours était devenu trop négatif.

Le chef néo-démocrate cherchait, du même coup, à éviter que sa position sur le niqab ne lui nuise lors du débat des chefs prévu le lendemain.

M. Mulcair, tout comme Justin Trudeau, ne veut pas d'une loi qui forcerait toute personne à se présenter à visage découvert pour prêter serment de citoyenneté. Stephen Harper et Gilles Duceppe sont en faveur de pareille loi et estiment qu'ils sont au même diapason que la majorité des Québécois, public cible du débat télévisé de jeudi.

Dans un discours à Montréal, mercredi après-midi, M. Mulcair a dénoncé les caricatures publicitaires et autres discours «négatifs» et «toxiques» qui utilisent le niqab pour s'attirer des votes le 19 octobre.

Il a présenté son parti comme le plus inclusif, écorchant aussi au passage un autre Trudeau, Pierre Elliott, responsable des mesures de guerre en 1970 auxquelles seul le NPD s'était opposé, à l'époque, a-t-il tenu à rappeler.

Mais c'est à la porte de M. Harper qu'il a déposé le plus de blâme pour le ton de la campagne électorale actuelle, parlant du «sac à malices» des conservateurs, citant le niqab et le dossier des réfugiés syriens.

Sur le niqab, M. Mulcair a répété, sans équivoque, qu'on ne peut pas dire à une femme quel vêtement porter ni quel vêtement ne pas porter.

Le chef néo-démocrate était le seul à faire un discours public, mercredi, les autres étant tous occupés à se préparer au débat du lendemain.

M. Trudeau s'est fait photographier s'entraînant dans un gymnase, comme à la veille du premier débat de cette campagne, en août.

En l'absence de M. Duceppe, le Bloc québécois a publié le cadre financier de ses exigences électorales, présentant des calculs qui en 2016-2017 mèneraient à un budget équilibré et au règlement du déséquilibre fiscal que les bloquistes continuent de dénoncer.

Sans M. Harper, le Parti conservateur a promis de rétablir le statut universitaire du Collège militaire royal de Saint-Jean.

En entrevue à La Presse Canadienne, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a confié qu'elle concentrerait toutes ses attaques du débat de jeudi contre Stephen Harper.

Elle ne veut pas, a-t-elle dit, perdre son temps à attaquer MM. Mulcair ou Trudeau avec lesquels elle espère travailler dans un éventuel gouvernement minoritaire mené par l'un ou l'autre. Quant à M. Duceppe, elle a dit ne plus le reconnaître, se disant «horrifiée» par le discours bloquiste sur le niqab.

Lina Dib, La Presse Canadienne