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23/09/2015 09:30 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Heurts entre Palestiniens et soldats israéliens à Hébron après des funérailles

Des heurts ont éclaté mercredi après-midi entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens à Hébron (Cisjordanie) après les funérailles d'une jeune femme tuée la veille, suivies par des milliers de personnes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une cinquantaine de jeunes jetaient des pierres vers les soldats qui ripostaient à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes dans la Vieille ville d'Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie occupée où 500 colons israéliens vivent parmi les Palestiniens derrière miradors et barbelés.

Les violences ont commencé près du poste de contrôle militaire israélien situé entre la Vieille ville palestinienne et le quartier retranché des colons. Les soldats israéliens sont ensuite entrés dans la Vieille ville où les affrontements faisaient fuir les commerçants, sous les yeux de badauds venus faire leurs courses en cette veille de grande fête musulmane de l'Adha.

Les heurts se sont produits après l'enterrement de Hadeel Al-Hashlamon, une étudiante de 18 ans décédée après avoir été atteinte par des tirs israéliens mardi matin près d'un checkpoint. La dépouille accompagnée de milliers de Palestiniens a été portée à bout de bras jusqu'au cimetière.

La foule a brandi son portrait, le visage intégralement voilé, sous une nuée de drapeaux palestiniens et des différents mouvements politiques.

Selon l'armée israélienne, Hadeel Al-Hashlamon tentait de poignarder un soldat quand elle a été abattue. Mais pour son père Salaheddine, elle a été abattue "de sang-froid".

Il a dénoncé auprès de l'AFP "le meurtre d'une jeune fille innocente", abattue "non pas d'une mais d'une dizaine de balles" alors qu'elle "ne posait de danger pour personne et encore moins pour des soldats surarmés".

Deux jeunes Palestiniens sont morts en moins de 24 heures dans le secteur de Hébron, en proie comme le reste de la Cisjordanie et Jérusalem à un regain de tensions.

Dans la nuit de lundi à mardi, Dia al-Talahmeh, 21 ans, est mort en manipulant un engin explosif qu'il comptait lancer sur des soldats, selon l'armée israélienne et des habitants. La police palestinienne a, elle, dit qu'il avait été tué par des tirs israéliens.

Jérusalem était également en état d'alerte après les violences de la semaine passée et en prévision des grandes fêtes juives et musulmane successives.

Yom Kippour, le Grand Pardon juif de mardi soir à mercredi soir, puis l'Aïd al-Adha musulman, à partir de jeudi matin et pour trois jours, enfin la Souccot juive à partir de dimanche soir et pour une semaine, risquaient de voir affluer les fidèles dans la Vieille ville au pied de l'ultra-sensible esplanade des Mosquées.

L'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré pour les juifs qui la révèrent comme le mont du Temple, avait été le théâtre d'affrontements la semaine passée pendant trois jours consécutifs coïncidant avec le Nouvel an juif.

Les policiers, déployés par milliers, étaient toujours mobilisés, mais aucun trouble n'a été rapporté, a indiqué à l'AFP Luba Samri, la porte-parole de la police israélienne.

L'ONU a appelé dans un rapport semestriel Palestiniens et Israéliens à "la retenue et à s'abstenir de toute provocation et de toute rhétorique appelant à la haine", dans un contexte où "l'absence de processus politique et la montée de l'extrémisme et du terrorisme dans la région sont un danger tant pour les aspirations légitimes des Palestiniens à un Etat, que pour la sécurité d'Israël".

A Moscou, où il inaugurait une mosquée avec ses homologues russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, le président palestinien Mahmoud Abbas a réclamé "la protection de la communauté internationale" face à la "poursuite des attaques" israéliennes contre la mosquée Al-Aqsa, sur l'esplanade.

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