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23/09/2015 15:01 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Guggenheim contre Guggenheim: les descendants déboutés en France face à la Fondation

La cour d'appel de Paris a débouté mercredi les descendants de la collectionneuse d'art américaine Peggy Guggenheim (1898-1979) de leur action devant la justice française contre la Fondation Solomon Guggenheim, qui administre à Venise la collection de leur ancêtre.

La branche française de la famille reproche à la fondation américaine de ne pas respecter les volontés de Peggy Guggenheim, riche héritière excentrique et grande mécène, qui a installé sa collection d'art moderne dans un Palais vénitien après la Seconde Guerre mondiale.

Sandro Rumney, Nicolas Hélion et leurs enfants demandaient notamment la remise en état intégrale de la collection et du jardin et la suppression de toute mention relative à d'autres collectionneurs (Schulhof, Mattioli...) ajoutées ces dernières années en plusieurs endroits suite à des donations d'oeuvres.

Lors de l'audience, en mai, l'un de leurs avocats, Me Olivier Morice, avait dénoncé "la volonté de la Fondation de minimiser le génie de Peggy Guggenheim et le caractère tout à fait exceptionnel de sa collection".

Comme en première instance, la justice ne leur a pas donné gain de cause, et les a condamnés à verser à la fondation 30.000 euros pour les frais de justice.

Estimant que la cour n'a pas répondu à l'un de leurs principaux arguments, à savoir que la collection telle qu'imaginée par Peggy Guggenheim représente selon eux une oeuvre de l'esprit, ils vont former un pourvoi devant la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire française, a annoncé à l'AFP Me Morice.

Le litige portait sur la présentation des quelque 326 oeuvres - Picasso, Braque, Miro, Matisse, Dali, Duchamp, Max Ernst, Rothko, Robert Motherwell ou encore Jackson Pollock - léguées, ainsi que le palais vénitien qui les abrite sur le Grand Canal, par la richissime héritière à la fondation créée par son oncle.

Orpheline à 13 ans d'un père magnat de la métallurgie disparu sur le Titanic, elle était venue vivre à Paris dans les années 1920, fréquentant des artistes d'avant-garde et achetant des oeuvres. Installée par la suite à Londres, New-York, puis Venise, elle n'avait jamais cessé de collectionner.

Dans un communiqué, la Fondation Guggenheim a salué la décision de la cour d'appel et s'est dite "fière d'avoir pleinement honoré les volontés de Peggy Guggenheim pendant plus de trente ans, en conservant sa collection intacte dans le musée restauré du Palais et en contribuant à la connaissance de l'art moderne et contemporain en Italie".

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