NOUVELLES
23/09/2015 06:37 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Grèce: un ministre aux propos douteux dans le gouvernement Tsipras

A peine son deuxième gouvernement formé, le Premier ministre grec Alexis Tsipras était critiqué mercredi pour avoir donné un portefeuille à un souverainiste de droite connu pour des propos plus que douteux, visant les Juifs ou les homosexuels.

Dimitris Kammenos, homonyme de Panos Kammenos, le dirigeant des Grecs indépendants (Anel) avec lequel M. Tsipras a marié Syriza (gauche radicale), et membre d'Anel lui-même, a été nommé secrétaire d'Etat aux Infrastructures.

Or, il s'est illustré en juin, moment de grande tension entre Athènes et Bruxelles, en comparant le plan d'aide à la Grèce, alors suggéré par les créanciers européens, au camp de concentration d'Auschwitz.

M. Kammenos, 49 ans, ex-lobbyiste et capitaine de réserve des forces spéciales grecques, avait mis sur son site Facebook un montage d'une photo montrant l'entrée du camp de concentration, surmontée de la lugubrement célèbre mention "Arbeit macht Frei", "le travail, c'est la liberté", en remplaçant celle-ci par "Nous restons en Europe", le slogan favori des pro-Européens en Grèce.

Un montage qui avait amené le Conseil israélite de Grèce à protester, et M. Kammenos à s'excuser, tout en en rajoutant : "La comparaison n'était peut-être pas très heureuse, mais il y a un véritable holocauste économique dans mon pays en ce moment".

L'écrivain et ancien député de gauche Petros Tatsopoulos a indiqué mercredi qu'il "avait honte" de la nomination de M. Kammenos dans le gouvernement Tsipras.

Il a aussi retweeté un message de M. Kammenos de 2013, dans lequel celui-ci assurait que 2.500 Juifs employés au World Trade Center à New York étaient absents du travail le 11 septembre 2001, soutenant ainsi la thèse d'un complot sioniste derrière ce gigantesque attentat.

Dans un autre registre, l'hebdomadaire To Vima avait souligné en juin que M. Kammenos avait décrit la Gay Pride grecque comme "pathétique".

Sur son site personnel, M. Kammenos apparaît sur la place du Parlement, solennel près de la tombe du Soldat inconnu.

Les préjugés antisémites et homophobes ainsi que les thèses complotistes sont très répandus en Grèce, y compris sur les médias, et souvent relayés par des dignitaires de l'Eglise orthodoxe nationale.

jph-od/cb/pt