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23/09/2015 11:19 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Explosion d'un camion-citerne au Soudan du Sud: le bilan porté à 203 morts

Au moins 203 personnes ont péri dans l'explosion le 16 septembre au Soudan du Sud d'un camion-citerne accidenté dont elles tentaient de récupérer la cargaison de carburant, selon un nouveau bilan annoncé mercredi par le ministère de la Santé.

Avec le décès de nombreux blessés, dans un pays manquant d'infrastructures médicales et de produits de base, le bilan initial de 85 morts avait grimpé à 150 puis à 186 morts, 48 heures après l'accident, survenu mercredi à Maridi, une localité située à environ 300 km à l'ouest de la capitale Juba.

"Le bilan a atteint 203 morts", a annoncé dans un communiqué lu à la radio nationale le ministre de la Santé Riek Gai Kok. Plus de 150 personnes blessées dans l'accident sont toujours hospitalisées, dont 65, parmi les plus gravement brûlées, ont été transférées à Juba.

Les médecins peinent à faire face, faute de produits de base. La Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) a acheminé par les airs des fournitures médicales vers les lieux de l'accident et participé à l'évacuation aérienne les blessés les plus graves vers Juba.

Les fuites sur des oléoducs ou les accidents de camion-citerne en Afrique attirent souvent d'importantes foules qui cherchent à remplir des bidons de carburant. Les explosions ou incendies ne sont alors pas rares et font souvent de très nombreuses victimes.

En juillet 2010, en République démocratique du Congo, 292 personnes avaient péri dans l'explosion d'un camion-citerne accidenté. En décembre 2006, 284 personnes étaient mortes au Nigeria dans l'explosion d'un oléoduc vandalisé à Lagos, six mois après l'explosion d'un autre oléoduc qui avait tué entre 150 et 200 personnes.

Plus jeune nation du monde née sur les décombres de décennies de guerre de sécession contre Khartoum, le Soudan du Sud est aussi l'une des moins développées.

Indépendant depuis juillet 2011, le pays a replongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile, qui a provoqué une grave crise économique - marquée par une grave inflation notamment des prix des denrées de base - et humanitaire, avec plus de 2,2 millions de personnes chassées de chez elles par les combats et les atrocités contre les civils qui les accompagnent.

Le gouvernement et les rebelles ont signé fin août un accord de paix censé mettre fin au conflit, mais continuent de s'accuser mutuellement de ne pas cesser les combats. Une longue série de cessez-le-feu signés depuis février 2014 ont été systématiquement violés dans les jours voire les heures qui suivaient.

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