POLITIQUE
23/09/2015 08:02 EDT | Actualisé 23/09/2015 08:03 EDT

La libération de Fahmy et le projet Keystone ébranlent les conservateurs

Melissa Renwick via Getty Images
TORONTO, ON- August 6 - Stephen Harper steps off of his bus before he faces off NDP Leader Thomas Mulcair, Liberal Leader Justin Trudeau and Green party Leader Elizabeth May in the first election debate. August 6, 2015 Melissa Renwick/Toronto Star (Melissa Renwick/Toronto Star via Getty Images)

OTTAWA _ Si la politique étrangère ne figure habituellement pas parmi les principaux enjeux des élections fédérales canadiennes, elle a toutefois réussi à prendre le devant de la scène durant la présente campagne, s'avérant une arme à double tranchant pour les conservateurs.

Outre l'économie, le chef conservateur, Stephen Harper, a placé la sécurité au coeur de son message électoral. Il a fait valoir que seul son gouvernement était en mesure de protéger le pays dans un monde instable où les militants islamiques ont semé le chaos et identifié le Canada comme étant l'une de leurs cibles.

D'autres sujets relevant de la politique étrangère se sont également invités dans la campagne, notamment le débat explosif sur les réfugiés syriens qui a fait irruption le mois dernier, mettant à l'épreuve la campagne conservatrice et fournissant des munitions aux adversaires de M. Harper.

Mercredi, la libération du journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy par la justice égyptienne et le rejet du projet Keystone XL par l'aspirante candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton ont été les plus récents exemples de ce phénomène.

Les deux questions ont étayé deux reproches faits aux conservateur sur le plan de la politique étrangère: le fait qu'ils sont indifférents au sort de certains Canadiens se trouvant dans une position délicate à l'extérieur du pays et le fait que Stephen Harper a été incapable de convaincre la Maison-Blanche de donner son aval au pipeline devant permettre d'acheminer les sables bitumineux de l'Alberta vers des raffineries situées dans le sud des États-Unis.

La leader du Parti vert, Elizabeth May, a déclaré que M. Harper aurait dû téléphoner personnellement au président de l'Égypte concernant M. Fahmy, notant que son homologue de l'Australie n'avait pas hésité à le faire et avait ainsi obtenu le relâchement du collègue australien du reporter canado-égyptien.

"Cela s'inscrit dans la tendance du gouvernement à ne pas défendre les citoyens canadiens à l'étranger", a tranché Mme May, accusant le chef conservateur de créer "deux classes de Canadiens" en n'aidant pas ceux qui, comme Mohamed Fahmy, possèdent une double nationalité.

De son côté, le leader du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a affirmé que Mme Clinton avait prouvé qu'elle était sur la même longueur d'onde que le reste des "progressistes" de l'Amérique du Nord en rejetant le projet Keystone XL. Il a prévenu que l'oléoduc priverait le Canada de milliers d'emplois.

"Keystone XL entraînera l'exportation de 40 000 emplois canadiens. Je veux créer ces emplois au Canada", a dit M. Mulcair.

Même si la politique étrangère est plus présente dans la campagne électorale, Fen Hampson, le responsable du programme de sécurité mondiale au Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale, a indiqué qu'au bout du compte, ce serait l'économie qui aurait une influence décisive sur les résultats du scrutin du 19 octobre.