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23/09/2015 06:14 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Deux millions de pèlerins affluent sur le Mont Arafat, temps fort du hajj

Les pèlerins à La Mecque se sont rassemblés mercredi pour prier sur le Mont Arafat, temps fort du hajj en Arabie saoudite qui réunit cette année plus de deux millions de musulmans venus des quatre coins du monde.

"Je me sens bénie. J'ai eu la chair de poule et un sentiment indescriptible en atteignant le sommet" rocailleux du Mont Arafat, a témoigné Ruhaima Emma, une Philippine de 26 ans.

La journée de prière et d'invocation sur ce mont, appelé également Mont de la Miséricorde, constitue l'étape la plus importante du pèlerinage annuel, le hajj.

Habillés de blanc, les fidèles ont afflué dès l'aube sur le mont distant de 15 kilomètres de La Mecque, alors que la température ne cessait de grimper. Ils avaient auparavant passé la nuit dans la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la Grande mosquée de la ville sainte.

Le Mont Arafat, colline dénudée de moins de 100 mètres de haut, est un lieu sacré de l'islam depuis que le prophète Mahomet y a fait son dernier sermon, il y 14 siècles, selon la tradition musulmane.

Une fois sur place, les fidèles se consacrent à la prière.

"J'ai prié pour que chacun ait une bonne vie", a rapporté Ruhaima Emma. "Je prie pour la victoire de tous les opprimés", a indiqué de son côté Akhram Gannam, 45 ans, venu de Syrie, pays déchiré par une guerre civile.

Le flot des pèlerins, qui étaient nombreux à s'abriter du soleil à l'aide de parapluies de toutes les couleurs, a été canalisé par les cordons des forces de sécurité saoudiennes et de volontaires qui distribuaient de l'eau et de la nourriture.

Certains ont marché, d'autres ont pris un bus ou emprunté un train reliant les différents sites du hajj.

L'Arabie saoudite a mobilisé 100.000 policiers pour le pèlerinage qui n'a connu jusqu'ici aucun incident majeur.

Il a été toutefois précédé par la chute, le 11 septembre, d'une grue sur le chantier d'agrandissement de la Grande mosquée de La Mecque qui a fait 109 morts et plus de 400 blessés, selon un dernier bilan.

- L'Aïd al-Adha fêté jeudi -

Après le coucher du soleil, les pèlerins doivent refluer sur la plaine de Mouzdalifa pour se préparer le lendemain à l'Aïd al-Adha qui consiste à immoler une bête à la mémoire d'Abraham.

Ce dernier avait failli immoler son fils Ismaïl avant que l'ange Gabriel ne lui propose in extremis de sacrifier un mouton à sa place, selon la tradition.

Cette fête est également célébrée par 1,5 milliard de musulmans à travers le monde.

Les fidèles se consacrent ensuite à la lapidation des stèles représentant Satan à Mina, à 8 km de Mouzdalifa. Il faut jeter sept pierres le premier jour sur la grande stèle et 21 pierres le lendemain ou le surlendemain sur les trois stèles (grande, moyenne, petite).

Le pèlerinage se termine par des circonvolutions autour de la Kaaba, construction cubique s'élevant au centre de la Grande mosquée de La Mecque vers laquelle se tournent les musulmans pour prier.

Selon les autorités saoudiennes, 1,4 million de pèlerins sont venus cette année de l'étranger et des centaines de milliers de l'intérieur du royaume.

Le hajj se déroule cette année sur fond de menaces jihadistes et au moment où l'Arabie saoudite est engagée militairement au Yémen où elle conduit une coalition contre des rebelles chiites, soutenus par l'Iran.

Les autorités ont affirmé avoir pris toutes les précautions contre les risques d'attaques, d'autant plus que le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué deux attentats sanglants contre des mosquées chiites dans l'est du royaume.

Elles ont également mobilisé des armées de médecins et d'infirmiers pour faire face au risque d'une épidémie du coronavirus MERS, dont l'Arabie saoudite est le premier foyer au monde.

Le hajj a commencé mardi avec les fidèles entrant dans un état de purification appelé "ihram". Les hommes ne portent depuis que deux pièces de tissu blanc non cousues et les femmes un habit couvrant leur corps à l'exception du visage et des mains.

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