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23/09/2015 08:10 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Classée "agent de l'étranger", une ONG russe forcée de rendre son argent à DiCaprio

Une ONG russe de défense de l'environnement a annoncé mercredi avoir dû se résoudre à rendre les 142.000 euros que lui avait donné l'acteur américain Leonardo DiCaprio pour la protection des saumons sauvages, après avoir été classée "agent de l'étranger" par les autorités russes.

L'ONG "Surveillance écologique de Sakhaline", basée dans l'Extrême-Orient russe, a été enregistrée vendredi comme "agent de l'étranger", en vertu d'une loi de 2012 qui stigmatise les organisations bénéficiant d'un financement de l'étranger.

L'association a en conséquence décidé de rendre tous les dons venant de l'étranger et de ne "plus en accepter à l'avenir", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Elle a ainsi rendu à l'acteur américain Leonardon DiCaprio un don de 159.000 dollars (142.000 euros) qu'il avait fait en juillet.

Ses dons devaient servir à mettre en place "un projet destiné à protéger l'habitat des saumons, incluant notamment une lutte contre le braconnage", a déclaré à l'AFP Dmitri Lissitsine, patron de l'ONG.

"La population de saumons sauvages diminue très rapidement. L'idée était de créer une zone modèle pour une pêche durable" dans la réserve de Vostotchni, sur la côte est de l'île de Sakhaline, a-t-il précisé.

Selon lui, ce territoire est "le plus fertile et le plus intact de tous les écosystèmes de saumons au monde", mais la réserve n'a pas les moyens financiers de lutter contre la pêche illégale.

L'ONG "Surveillance écologique de Sakhaline", qui existe depuis plus de 20 ans, s'est donnée pour mission de protéger la vie sauvage et marine autour de cette île proche des côtes japonaises.

Son enregistrement comme "agent de l'étranger" par le ministère russe de la Justice intervient peu après l'appel de M. Lissitsine dans un journal local à protéger des parcs. Il avait également fait signer une pétition appelant à "sauver l'Arctique", une action considérée comme "politique" par les autorités.

Le terme d'"agent de l'étranger" était appliqué à l'époque stalinienne aux opposants réels ou supposés, qui étaient alors fusillés ou envoyés dans les camps. Il était aussi employé par les autorités soviétiques dans les années 1970 et 1980 pour qualifier les dissidents, accusés d'être à la solde de l'Occident.

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