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23/09/2015 07:31 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Chine: un ministre britannique critiqué pour sa visite au Xinjiang

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a été critiqué mercredi par des militants des droits de l'homme pour avoir privilégié les questions économiques lors de sa visite de la région chinoise du Xinjiang, régulièrement secouée par des violences.

George Osborne, après Pékin et Shanghai, s'est engagé à ce que la Grande-Bretagne "soutienne la croissance" de cette région, berceau de la minorité musulmane ouïghoure, et où des heurts inter-ethniques ont fait plusieurs centaines de morts ces dernières années.

Pékin déclare que des séparatistes islamistes sont derrière les violences et a imposé de strictes mesures de sécurité, dont des restrictions sur les pratiques religieuses, des procès de masse et de multiples exécutions.

Ces mesures ont provoqué les condamnations de défenseurs des droits de l'homme et de Ouïghours qui se plaignent de restrictions culturelles et de discrimination.

Pékin rejette ces accusations et assure que la croissance économique apportera de la stabilité à la région.

La visite de M. Osborne au Xinjiang - rare pour un dirigeant occidental - intervient exactement un an après la condamnation à la prison à vie de l'intellectuel ouïgour Ilham Tohti, critique du gouvernement central, accusé d'"incitation au séparatisme".

Dans la capitale régionale Urumqi, Georges Osborne a estimé que le Xinjiang avait un "énorme potentiel" et assuré ses hôtes de "l'engagement inébranlable de la Grande-Bretagne à soutenir la croissance d'Urumqi ainsi que de l'ensemble de la région".

La directrice d'Amnesty International pour la Grande-Bretagne, Kate Allen, a estimé que ne pas aborder le cas d'Ilham Tohti "enverrait le signal que le Royaume-Uni est prêt à faire des compromis sur ses valeurs".

"La Grande-Bretagne ne peut consentir à la répression du peuple ouïghour par la Chine en raison d'intérêts économiques", a estimé Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation basée à l'étranger.

Urumqi a été le théâtre d'émeutes en 2009, où quelque 200 personnes, principalement des Han - l'ethnie majoritaire en Chine - avaient trouvé la mort.

Aucune mention publique des droits de l'homme n'a été faite par M. Osborne, selon un rapport de son ministère, mais la question a été abordée dans le contexte du "développement économique, sur comment aider les enfants des zones pauvres de Chine", a assuré le ministre à la BBC.

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