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23/09/2015 03:36 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Chine: les ONG étrangères doivent "respecter les lois" (Xi Jinping)

Le président chinois Xi Jinping a déclaré mardi à Seattle devant des dirigeants d'entreprises américaines que les ONG présentes en Chine devaient "respecter les lois chinoises", alors qu'un projet de loi soulève les inquiétudes d'organisations étrangères.

La Chine devrait adopter cette année une loi régulant plus étroitement les organismes caritatifs, les associations commerciales et les institutions de recherche présents dans le pays.

Et ce alors que Pékin a récemment durci la répression contre des activistes de la société civile, suscitant l'inquiétude des ONG qui redoutent une limitation sensible de leur champ d'action.

"Tant que leurs activités sont bénéfiques au peuple chinois, nous ne limiterons ni n'interdirons leurs opérations", a déclaré Xi Jinping devant un parterre de chefs d'entreprises.

"De leur côté, les ONG étrangères qui opèrent en Chine doivent respecter les lois chinoises et mener des activités en conformité avec la loi", a-t-il ajouté.

Les médias d'Etat chinois ont accusé ces derniers mois des ONG étrangères de "porter atteinte à la sécurité nationale" et d'essayer de fomenter des "révolutions de couleur" contre le Parti communiste au pouvoir.

Selon les premières ébauches de la loi actuellement à l'étude par le Parlement chinois - contrôlé par le Parti -, les ONG étrangères devront être "associées" à au moins un organisme dépendant du gouvernement chinois.

Elles devront par ailleurs fournir un "programme de travail" détaillant leurs activités et devant être validé par la police.

Le flou de la formulation du texte et une référence à la "sécurité" soulèvent les inquiétudes des ONG, qui craignent que la loi accorde à la police des pouvoirs discrétionnaires très étendus.

"Le projet de loi est hostile à toute une gamme d'activités et à l'avenir d'une société civile indépendante", estimait en mai la fondatrice de l'ONG environnementale China Dialogue, Isabel Hilton, dans un commentaire sur internet.

Sous la direction de Xi Jinping, le Parti communiste a renforcé ses contrôles sur les voix dissidentes, avec l'arrestation de dizaines d'activistes --dont cinq féministes affiliées à une ONG antidiscrimination, libérées en avril après quelques jours de détention.

Plus de 130 avocats ont par ailleurs été arrêtés ces derniers mois pour interrogatoire, certains étant toujours en détention.

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