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23/09/2015 13:06 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Burkina: les événements depuis le putsch

Principaux événements au Burkina Faso, du renversement du président de transition Michel Kafando la semaine dernière à son retour au pouvoir mercredi.

--SEPTEMBRE 2015--

- 17: le général Gilbert Diendéré est porté au pouvoir par un coup d'Etat mené par les hommes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'armée qu'il commandait sous le régime de l'ex-président Blaise Compaoré. Il prend la tête d'un Conseil national pour la démocratie (CND).

Depuis la veille, le président de transition Michel Kafando, son Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida et deux ministres sont otages d'éléments du RSP.

Le général Diendéré, ancien bras droit de Blaise Compaoré renversé en octobre 2014, reproche aux autorités d'avoir dévoyé la transition, en excluant ses partisans des prochaines élections. Il affirme n'avoir eu aucun contact avec Compaoré.

Des hommes du RSP tirent pour disperser les attroupements, des opposants au putsch commencent à ériger des barrages. Manifestations anti-putsch à Bobo Dioulasso (ouest, 2e ville du pays) et Fada-Ngourma (est).

La communauté internationale condamne le putsch. La France, ex-puissance coloniale, assure qu'elle n'interviendra pas.

Les deux ministres sont libérés alors que Michel Kafando et Isaac Zida demeurent en résidence surveillée.

- 18: nouveaux tirs du RSP contre des manifestants à Ouagadougou.

Le président de l'Assemblée du régime renversé Cherif Sy appelle la population à se mobiliser, comme le collectif de la société civile Balai citoyen, en pointe lors du soulèvement anti-Compaoré.

L'Union africaine (UA) annonce la suspension du Burkina Faso et des sanctions contre les putschistes.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) entame une médiation via son dirigeant en exercice, le Sénégalais Macky Sall, et le Béninois Thomas Boni Yayi.

- 20: les médiateurs de la Cédéao proposent un projet de sortie de crise prévoyant de restaurer le président Kafando, mais aussi l'amnistie des putschistes et la réintégration dans la compétition électorale des candidats pro-Compaoré. Ce projet suscite l'indignation de la société civile et d'une partie de la population.

- 21: alors que les généraux de l'armée à Ouagadougou étaient restés relativement en retrait depuis le début de la crise, des chefs de régiments basés en province intiment l'ordre aux putschistes de "déposer les armes" et font converger leurs unités vers la capitale.

Le président Kafando est exfiltré et accueilli à la résidence de l'ambassadeur de France.

Paris appelle "les forces impliquées dans le putsch" à "déposer immédiatement les armes et à rendre le pouvoir aux autorités légitimes". Les Etats-Unis demandent à leurs ressortissants de partir.

- 22: l'armée loyaliste entre sans résistance dans Ouagadougou, avant de se déployer dans des casernes de la capitale.

A l'issue d'un sommet extraordinaire à Abuja, la Cédéao décide d'envoyer une nouvelle médiation de chefs d'Etat pour "rétablir" dans ses fonctions le président renversé.

Isaac Zida, libéré dans la matinée, demande aux putschistes de "revenir dans les rangs du peuple".

L'armée et les putschistes signent dans la soirée un accord pour éviter un affrontement. Le RSP s'engage à "accepter le cantonnement" et "céder les postes de garde" à Ouagadougou, les forces "loyalistes" promettent de "reculer les troupes de 50 km" et de "garantir la sécurité du personnel (du RSP) et de leurs familles".

Dans la nuit, le général Diendéré confirme que le président Kafando sera "remis en selle" mercredi.

- 23: Michel Kafando est officiellement réinstallé à la tête du pays lors d'une cérémonie publique en présence des présidents du Bénin et du Niger ainsi que du vice-président nigérian Yemi Osinbajo.

Isaac Zida, également rétabli dans ses fonctions, évoque un report de "plusieurs semaines" des élections initialement prévues le 11 octobre et juge "inimaginable" de "conserver en l'état" le RSP.

Au moins dix manifestants ont été tués et des dizaines d'autres blessés en une semaine, selon des sources hospitalières.

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