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Mulcair promet à Couillard d'être un partenaire « à l'écoute »

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, répond positivement aux revendications formulées par le premier ministre québécois Philippe Couillard il y a un peu plus d'un mois.

Il devient le deuxième leader fédéral, après le libéral Justin Trudeau, à donner suite à la missive. Et si certains de ses engagements sont vagues, le chef néo-démocrate promet d'être un partenaire « à l'écoute ».

Au premier ministre Couillard, qui réclamait une augmentation du transfert canadien en matière de santé afin que celui-ci représente 25 % des dépenses en santé des provinces, il ne répond pas avec des chiffres précis.

Le NPD prend toutefois « l'engagement de travailler avec les provinces et les territoires afin d'assurer un meilleur accès aux soins ainsi que la viabilité du système de santé à long terme », écrit M. Mulcair dans la lettre envoyée vendredi au bureau du premier ministre québécois, que La Presse Canadienne a obtenue.

L'autre grosse demande de Québec en matière de fiscalité - celle du retrait du plafond imposé unilatéralement au programme de péréquation - est accueillie avec la même ouverture, mais aussi avec peu de chiffres.

Les néo-démocrates déplorent ces changements unilatéraux, et sont ainsi « prêts à discuter de ses modalités dans le cadre d'une discussion plus large qui réunira l'ensemble des partenaires de la fédération et prendra en compte les autres transferts du fédéral », peut-on lire dans la lettre.

En matière de commerce international, M. Mulcair assure que sa formation s'est montrée « favorable à une éventuelle entente commerciale avec l'Europe », bien qu'il ait déjà exprimé de sérieuses réticences sur le mécanisme de règlement des différends permettant aux entreprises d'intenter des poursuites contre les États.

Mais « si une telle entente est finalisée et répond aux intérêts canadiens, le NPD s'engage à respecter les obligations du gouvernement fédéral pour compenser l'industrie laitière et fromagère », écrit-il, promettant du même souffle de protéger la gestion de l'offre dans le cadre des négociations du Partenariat transpacifique.

Une nouvelle ère de collaboration, assure Mulcair

À bien des égards, Thomas Mulcair répond à la liste d'épicerie dressée par le chef du gouvernement québécois le 14 août sur un ton comparable à celui de son adversaire libéral Justin Trudeau : celui de l'ouverture, et avec la promesse d'une nouvelle ère de collaboration entre le fédéral et le provincial.

Mais de manière concrète, il se prononce spécifiquement sur des dossiers que le chef libéral avait ignorés dans sa réplique : le pont Champlain -- « le NPD s'est engagé dès le départ à ce qu'il n'y ait pas de péage sur le pont Champlain et maintient cet engagement » - et l'octroi de contrats fédéraux au chantier naval Davie. Concernant cet enjeu, le chef plaide qu'un gouvernement néo-démocrate « travaillera pour faire avancer le dossier afin que le chantier Davie puisse rapidement réengager les employés récemment mis à pied et répondre aux besoins immédiats de la Marine canadienne ».

Il réitère par ailleurs son intention d'abroger la Loi antiterroriste, aussi connue sous le nom de C-51, en réponse aux préoccupations évoquées par Philippe Couillard à ce chapitre. M. Mulcair et ses députés ont bataillé ferme pour s'opposer à cette mesure législative à la Chambre des communes, finalement appuyée par les libéraux et les conservateurs.

Le chef du NPD ne précise pas dans sa lettre s'il compte remplacer cette loi par une autre, mais s'engage à consulter les provinces.

« Nous croyons que la concertation entre les différents paliers de gouvernement est essentielle en matière de sécurité publique, de lutte contre le terrorisme et de prévention de la radicalisation et c'est ce que nous mettrons de l'avant », plaide-t-il.

Sur le plan de la lutte contre les changements climatiques, Thomas Mulcair dit saluer les initiatives prises par les provinces, dont le Québec. Il insiste néanmoins sur la nécessité d'avoir un leadership au fédéral afin de permettre au Canada de respecter ses engagements internationaux.

Mais surtout, en ouverture et en clôture de sa lettre, le chef du NPD s'engage, s'il est élu, à être un partenaire et non un adversaire, disant vouloir « tourner la page sur une décennie d'indifférence » en matière de relations intergouvernementales, parce que « la fédération canadienne peut et doit mieux fonctionner ».

Les deux autres chefs interpellés par le premier ministre Philippe Couillard, le conservateur Stephen Harper et le bloquiste Gilles Duceppe, n'ont pas encore répondu à sa lettre.

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