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18/09/2015 14:47 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Un Québécois, Canadien, Français au sein de l'équipe nationale

Le Québec compte un représentant bien spécial au sein de l'équipe canadienne de rugby qui disputera son premier match à la Coupe du monde samedi. Benoit Piffero est à cheval entre ses racines françaises et celles de son pays natal.

Celui qui a vu le jour au Canada n'y a résidé que peu de temps. Il est tout de même très fier d'avoir la chance d'honorer sa nationalité. « En fait, je me suis retrouvé Canadien parce que mes parents, tous les deux Français, sont venus habiter trois ans à Montréal, autour de 1987, et je suis né à ce moment-là ! » explique-t-il en riant.

« Ils sont retournés en France assez rapidement, alors c'est là que j'ai grandi. Il y a 3 ans, en 2012, j'ai eu une occasion de venir passer du temps au Canada. J'ai donc vécu cinq mois et demi à Montréal, entre mai et septembre, après ma saison de rugby en Europe. J'ai joué à Sainte-Anne-de-Bellevue et c'est là que tout a commencé. »

Piffero ne venait pas au pays avec l'objectif principal de pratiquer son sport. « La principale raison de mon séjour était de découvrir le Canada, mon pays natal, et de découvrir une culture qui est différente de celle que j'ai connue en grandissant. Uniquement pour vivre une belle expérience ! Le rugby n'était pas l'objectif de départ, mais ç'a toujours été dans le coin de ma tête. »

Le joueur qui évolue en ligue semi-professionnelle en Europe s'est joint à l'équipe de rugby de Sainte-Anne-de-Bellevue durant la saison estivale, puis a été approché par l'Atlantic Rock, une équipe basée à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador qui participe au Championnat canadien de rugby. « Cette formation regroupe les meilleurs joueurs des provinces de l'Atlantique. Quand ils m'ont approché et que j'ai joint leurs rangs, ça m'a plongé dans le bain du rugby de haut niveau au Canada. »

Il est ensuite allé s'entraîner avec la sélection nationale à Vancouver et c'était le début d'un rêve pour lui. Il avait une chance de participer à la Coupe du monde de rugby avec le maillot de l'équipe de son pays natal. « On ne se le cachera pas, je n'ai pas le niveau pour jouer dans l'équipe nationale de France. Je suis seulement un joueur semi-pro là-bas. Je dois travailler en même temps quee m'entraîner. Le bassin de joueur en France est beaucoup trop grand. »

Un petit coup de pouce au « Frenchie »

Piffero est fier de faire honneur au Québec en permettant à la province de compter un représentant parmi les porte-couleurs de l'unifolié. Il aurait par contre préféré vivre la grande expérience qu'est la Coupe du monde aux côtés de son compatriote et bon ami, Jonathan Phelan, qui avait pris part aux matchs de qualification du Canada pour l'événement de cet automne en 2013.

« Notre histoire est plutôt comique en fait, s'est exclamé Piffero à la mention de son ami. John joue pour le même club que moi à Sainte-Anne. Quand je suis arrivé dans la formation nationale, je ne parlais pas anglais. C'était donc très difficile d'interagir avec les autres, alors John me servait d'interprète. Il m'aidait beaucoup et nous sommes devenus amis. »

« C'est dommage qu'il n'ait pas pu faire l'équipe. Plus il y a de représentants du Québec, plus il y a de chances de faire connaître le sport davantage dans la province ! C'est une si belle discipline. »

Heureusement pour lui, maintenant Pieffero arrive à se faire comprendre par ses coéquipiers. Il ne réussit cependant pas à cacher ses racines françaises. « Je ne dois pas cacher que pour le groupe je suis un peu le Frenchie de la bande. D'abord, mon accent est difficile à cacher, disons, même si maintenant je parle très bien anglais. Et en plus, je me plains toujours, alors ils reconnaissent mes racines françaises ! »

Le Canada a tout à gagner

L'équipe canadienne occupe actuellement le 17e rang au classement, et selon Benoit Piffero, la nation est considérée comme la plus faible de son groupe. « Même si nous ne sommes pas très haut au classement, nous arrivons à rivaliser contre des équipes comme la Géorgie, 13e au monde. Nous avons de plus en plus de bons joueurs sur la sélection. Nous ne sommes pas à sous-estimer. »

Le Canada entamera son parcours samedi, au Millenium Stadium de Cardiff, face à une nation de rugby, l'Irlande. « Je suis très excité d'affronter ce pays dans ce stade qui est probablement le plus beau stade de rugby au monde. Il risque d'être plein de partisans irlandais en plus, parce que l'Irlande est juste à côté. Ça promet d'être intéressant ! Le Canada a toujours réussi à bien performer en Coupe du monde. Nous sommes bien capables de causer des problèmes à certaines équipes ! »

Même si le rugby n'est pas un sport aussi répandu au sein de l'unifolié qu'il l'est en Europe, le rugby canadien a tout de même marqué le parcours de Piffero. « Mon expérience au Canada a changé complètement ma vie. J'adore le rugby canadien. Les valeurs qui y sont attachées me rejoignent beaucoup, c'est la passion, c'est la fierté et c'est l'amour du sport ! »

Voyons où cet amour du sport va mener la sélection nationale à la Coupe du monde...