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18/09/2015 07:23 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

"Rapatriement forcé" par les Etats-Unis d'un Chinois recherché pour corruption (PCC)

Les autorités américaines ont renvoyé en Chine un ressortissant de ce pays recherché pour des "délits économiques", à quelques jours d'une visite du président chinois à Washington et en dépit de l'absence d'un traité d'extradition, a annoncé vendredi Pékin.

Yang Jinjun, un ancien fonctionnaire municipal, résidant aux Etats-Unis depuis 14 ans et soupçonné de "détournement de fonds et de pots-de-vins", a été renvoyé en Chine, menottes aux mains, a indiqué le Parti communiste chinois (PCC) sur le site internet de son organe disciplinaire.

Le site, qui évoque un "rapatriement forcé" démontrant "un important progrès de la coopération Chine-USA" en matière de lutte contre la corruption, montre des photos de Yang Jinjun sur le tarmac d'un aéroport non-identifié, encadré de deux policiers chinois.

L'homme, d'après la presse chinoise, serait un ancien responsable de la mairie de Wenzhou (est) et figurait sur la liste des 100 Chinois les plus recherchés pour des délits économiques, rendue publique en avril dernier.

Il serait lié à un ancien maire de cette ville côtière, accusé d'avoir détourné l'équivalent de plus de 40 millions de dollars.

Les fondements légaux de son renvoi n'étaient pas clairs vendredi, en l'absence de tout traité d'extradition entre la Chine et les Etats-Unis, comme avec la plupart des pays occidentaux --les tribunaux chinois étant sous étroit contrôle politique, les aveux forcés monnaie courante et les droits de la défense réduits à minima.

Le président Xi Jinping, attendu aux Etats-Unis la semaine prochaine pour sa première visite d'État dans ce pays, considère la corruption comme une menace majeure pour la suprématie du Parti communiste et a lancé une vigoureuse campagne pour l'éradiquer de ses rangs.

Pékin sollicite la coopération des autorités de plusieurs pays occidentaux, dont la France, pour le rapatriement des personnes recherchées.

L'Australie s'est inquiétée récemment de la présence sur son sol de fonctionnaires chinois venus faire pression, à l'insu des autorités australiennes, sur des Chinois recherchés.

L'organe disciplinaire du PCC, la Commission centrale d'inspection disciplinaire, échappe à tout contrôle des autorités judiciaires et dispose de pleins pouvoirs.

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