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18/09/2015 12:42 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Premiers contacts militaires entre Moscou et Washington sur la Syrie

Les ministres de la Défense américain et russe ont renoué le contact, pour la première fois vendredi, sur la Syrie peu après que la Russie a dit être prête à étudier l'envoi de troupes russes dans le pays si Damas en fait la demande.

Les ministres de la Défense américain Ashton Carter et russe Sergueï Choïgou, qui n'avaient encore jamais eu de contact direct, ont discuté de la Syrie pendant une heure, une conversation qualifiée de "constructive" par le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

Cette discussion a révélé que "leurs deux points de vue sont proches voire identiques sur la plupart des problèmes évoqués", a déclaré de son côté le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, cité par l'agence officielle TASS.

"La nécessité de coordonner les efforts bilatéraux et multilatéraux pour combattre le terrorisme international a été au centre" de l'entretien des ministres, a-t-il ajouté.

Le président Barack Obama a estimé peu avant cette prise de contact que des discussions entre militaires américains et russes étaient "la prochaine étape importante", selon des propos rapportés par son secrétaire d'Etat John Kerry qui s'est entretenu trois fois en une semaine avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

MM. Choïgou et Carter ont convenu de poursuivre leurs discussions sur la Syrie, ont déclaré leurs porte-paroles respectifs.

- L'envoi de troupes russes en Syrie étudié si Damas le demande -

Leur prise de contact intervient quelques heures après que le Kremlin ait déclaré que Moscou serait prête à étudier l'envoi de troupes en Syrie si le président Bachar al-Assad en fait la demande.

"Mais il est difficile de parler de cela alors que cela reste hypothétique", a aussitôt ajouté le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ne donnant aucune précision sur les conditions de l'éventuel déploiement de ces soldats.

Jeudi soir, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a déclaré que "jusqu'à présent, il n'y a pas de combats communs sur le terrain avec les forces russes, mais si nous en avons besoin, nous étudierons (cette possibilité) et ferons une demande".

"Lorsque cela sera nécessaire, il n'y a rien qui puisse empêcher cette coopération" avec les Russes, a-t-il ajouté dans une interview à la télévision d'Etat.

Le président Vladimir Poutine avait néanmoins affirmé début septembre qu'il était "prématuré" de parler d'un engagement militaire de la Russie en Syrie pour lutter contre l'organisation État islamique (EI).

Si Moscou n'a jamais caché avoir conclu des contrats de livraison d'armements avec Damas et soutenir sa lutte contre l'EI, la Russie n'a pris en revanche "aucune mesure supplémentaire" de renforcement de sa présence en Syrie, a souligné M. Lavrov.

- intensification des frappes de l'armée syrienne -

Depuis plusieurs jours, Washington accuse Moscou d'augmenter le nombre des troupes russes en Syrie, notamment à Lattaquié, fief du régime de Damas, où des responsables américains estiment que la Russie construit une "base aérienne avancée".

La Russie n'est officiellement présente en Syrie qu'à Tartous, port méditerranéen et autre fief de Bachar al-Assad.

Pour M. Kerry, le dialogue "entre militaires" devrait permettre d'éviter tout incident entre forces armées américaines et russes sur le terrain.

Moscou a appelé à plusieurs reprises la Coalition internationale menée par les Etats-Unis à se concerter et à coopérer avec l'armée syrienne. La Russie tente par ailleurs en vain depuis plusieurs mois de créer une coalition militaire élargie incluant le régime de Damas et plusieurs pays de la région pour lutter contre l'EI.

L'aviation syrienne a intensifié ses raids vendredi contre des places fortes de l'EI, après avoir fait au moins 18 morts lors de frappes jeudi.

En quatre ans et demi, le conflit syrien a déjà fait 240.000 morts.

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