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18/09/2015 18:57 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

"Mort à l'Amérique": un slogan pas une déclaration de guerre, assure Rohani

Le fameux "mort à l'Amérique" entonné en Iran n'est qu'un "slogan" marqueur des multiples crises qu'ont traversées depuis 35 ans Téhéran et Washington et non une déclaration de guerre contre le peuple américain, a assuré le président iranien Hassan Rohani.

Dans un entretien accordé à l'émission 60 Minutes de la chaîne CBS, qui doit être diffusé dimanche, le chef de l'Etat iranien estime que ce chant rituel, régulièrement entonné par des fidèles iraniens lors de la prière du vendredi, n'est rien de plus qu'une réaction aux politiques passées des Etats-Unis contre l'Iran.

Les deux ennemis, qui viennent toutefois de conclure avec d'autres grandes puissances un accord historique sur le nucléaire, n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

"Ce slogan qui est chanté n'est pas un slogan contre le peuple américain. Notre peuple respecte le peuple américain", affirme le président Rohani, selon un extrait de son entretien dévoilé vendredi soir.

"Le peuple iranien ne cherche à faire la guerre à aucun pays", a insisté le chef de l'Etat élu en 2013 et considéré comme un modéré.

"Pour autant, fait-il valoir, la politique des Etats-Unis a été à l'encontre des intérêts du peuple iranien et il est donc logique que le peuple soit sensible sur cette question".

M. Rohani rappelle ainsi que "lorsque le peuple (iranien) s'est soulevé contre le Chah, les Etats-Unis ont soutenu le Chah jusqu'au dernier moment". Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes avaient pris d'assaut l'ambassade américaine à Téhéran et retenu en otages 52 diplomates pendant 444 jours pour dénoncer l'hospitalisation de l'ancien Chah aux Etats-Unis et demander qu'il soit ramené en Iran.

La crise avait entraîné la rupture des relations diplomatiques.

Dans les années 1980, "durant les huit années de guerre contre l'Irak, les Américains ont soutenu Saddam" Hussein, a encore dénoncé le dirigeant iranien.

"Les gens n'oublient pas ces choses. On ne peut pas oublier le passé, mais on doit en même temps se tourner vers l'avenir", a-t-il plaidé.

Bien que Téhéran et Washington se reparlent directement depuis au moins 2012, à la faveur des négociations sur le nucléaire couronnées par l'accord international du 14 juillet, ils sont très loin d'une normalisation diplomatique.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a encore mis en garde mercredi contre l'infiltration "politique et culturelle" des Etats-Unis et il avait dénoncé en juillet "l'arrogance" américaine.

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