NOUVELLES
18/09/2015 10:30 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

« Montréal est la ville idéale » - Villeneuve

Jacques Villeneuve est très content du projet de la Ville de Montréal d'organiser une course de formule E, dans les rues du centre-ville. Il en parle à Radio-Canada Sports.

Un texte de Philippe Crépeau

« Ce serait génial de venir courir à Montréal, lance-t-il d'entrée de jeu, au téléphone. Mais j'ai entendu dire que ça pourrait être en octobre, il pourrait y avoir des températures surprenantes… rires…. »

Il est en effet question que la course de Montréal soit présentée en ouverture de la saison 2016-2017, soit en octobre. 

Les Montréalais, amateurs de course automobile, se souviennent du premier Grand Prix du Canada à Montréal en 1978, disputé le 8 octobre par un temps très froid. La course avait été disputée par une température de 5 degrés Celsius.

Le pilote Ferrari Carlos Reutemann, troisième à l'arrivée, avait gardé sa tuque sur le podium.

Malgré le froid et le mauvais temps tout au long du week-end, le public était venu nombreux pour encourager Gilles Villeneuve. Et avait été récompensé par la victoire du Québécois. Une course qui a marqué le début d'une grande passion entre Montréal et la course automobile.

Jacques Villeneuve croit que les Montréalais réserveront le même genre d'accueil à la formule E.

« La ville se prête bien à ce genre de discipline. Tout comme Monaco ou Melbourne (en Australie), Montréal est idéale. Le public aime déjà la course automobile », affirme Villeneuve.

Des représentants de la formule E doivent passer par Montréal cet automne pour décider du tracé. Les règlements stipulent que le circuit doit être urbain. Ce qui laisse présager une course dans les rues de la ville et non sur le circuit Gilles-Villeneuve, considéré comme semi-urbain.

« Sur l'île Notre-Dame, ce ne serait pas une bonne idée, explique Villeneuve, car ce qu'il faut savoir, c'est que si les lignes droites sont longues, c'est pénalisant pour tout ce qui est électrique et batterie. Les voitures électriques ont du mal à durer à pleine charge. Et il y aurait le danger que sur l'île Notre-Dame, les voitures aient l'air lentes, et ça n'aurait pas un effet positif. »

Villeneuve pense à la course de formule E disputée à Monaco le 9 mai 2015, sur un circuit raccourci, dans le cadre de la première saison.

Les comparaisons avaient été inévitables sur les portions communes, surtout que les caméras de télévision avaient été placées aux mêmes endroits que pour la F1, en hauteur, ce qui diminuait encore plus l'effet de vitesse.

Les monoplaces électriques étaient évidemment plus lentes. Au bout de la ligne droite des puits, à l'approche du virage no 1 de Ste-Dévote, la différence était de 95 km/h...

La formule E a appris de son erreur, et a éliminé Monaco de sa deuxième saison.

En plein centre-ville pour se démarquer

« Moi, je souhaite que ce soit en plein centre-ville, admet Villeneuve. Il faut que ce soit sur un circuit différent. Il faut s'adapter à la motorisation électrique, et sur les circuits en ville avec des lignes droites courtes et bosselées, ça rendra le pilotage plus intéressant. »

Radio-Canada Sports a appris que la course de formule E se déroulera, non pas sur le circuit Gilles-Villeneuve, mais dans les rues de la ville, dans l'arrondissement Ville-Marie. À l'est du centre-ville, pour ne pas trop perturber la circulation automobile.

Donc, a priori, ce ne serait ni dans le quartier des affaires ni autour du Stade olympique.

Durant la première saison, la formule E a ouvert ses gradins gratuitement dans plusieurs villes, notamment à Monaco où les 19 000 spectateurs ont été admis gratuitement sur réservation.

« La première saison a été très positive, se réjouit Villeneuve. La formule E a tapé dans un marché complètement différent de la F1. Ça roule en plein centre-ville, et dans plusieurs villes qui ne reçoivent pas la F1.

« Rouler à Moscou, à Londres, c'était super. On va rouler à Paris cette saison [le 23 avrvil 2016], rappelle-t-il.

« La formule E va chercher un nouveau public, et des commanditaires qui ne connaissaient l'impact de la course automobile, mais qui n'osaient pas y toucher parce qu'ils avaient une image verte. Maintenant, ils n'ont plus d'excuse…. rires… ils ne peuvent plus dire non ! »

De la place pour deux

L'ogre qu'est le Championnat de F1 en matière de commandites, de visbilité médiatique et les choix faits récemment d'améliorer les systèmes électriques de récupération d'énergie des F1 ne risquent-elles pas de miner la progression du nouveau championnat de formule E ?

« La F1 n'a rien à faire avec de l'électrique ou de l'économie, répond Villeneuve. La F1 est devenue aujourd'hui un mélange de tous les championnats, ce qui perd un peu le public. Avec de l'économie sur le nombre de moteurs (quatre par saison), avec de l'économie d'essence (100 kilos par course), des systèmes d'énergie électriques.

« Il faut que la F1 redevienne la F1. Il y a de la place pour les deux championnats, ce sont deux mondes complètement différents », a conclu Jacques Villeneuve.

Les essais présaison sont terminés. Les pilotes attendent maintenant le début de la saison 2015-2016, prévu le 24 octobre à Pékin, en Chine.