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18/09/2015 05:29 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Mini Transat - 72 coquilles de noix survitaminées au départ

Quelque 7500 kilomètres d'océan Atlantique en solo dans des coquilles de noix survitaminées et horriblement inconfortables attendent les skippers de la Mini Transat, dont le départ sera donné samedi à Douarnenez (ouest de la France).

La course a lieu tous les deux ans et, pour sa 20e édition, ce sont 72 marins - tous à bord de voiliers de seulement 6,50 m de long - qui mettront le cap sur Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) via les Canaries.

Moins connue que la Route du Rhum, à mi-chemin entre sport et aventure, la "Mini" a consacré quelques uns des plus grands noms de la voile française et étrangère: Yves Parlier, Michel Desjoyeaux, Thomas Coville, Isabelle Autissier, le Suisse Yvan Bourgnon et la Britannique Ellen MacArthur. Entre autres.

Cette course unique au monde, née en 1977, reste une référence, presque un passage obligé pour tout coureur hauturier désireux d'attaquer la classe Figaro ou les luges océaniques du Vendée Globe. Et, dans le milieu, le slogan "Passe ta Mini d'abord!" est toujours d'actualité.

Mini bateaux, certes, mais maxi marins... Car on ne participe pas à cette transat sur un coup de tête. Et, au moment où la course au large bascule peu à peu dans une monotypie soporifique et dans le gigantisme, la Mini reste une boîte à idées fantastique, la mère de toutes les audaces architecturales.

C'est sur ces petites bombes océaniques, véritables bateaux laboratoires, que sont apparus en premier mâts en carbone, quilles pendulaires, dérives asymétriques, ballasts et étraves rondes (pour plus de puissance au portant) désormais banalisés.

- Prototypes et bateaux de série -

En 2017, les Minis pourront être équipés de foils. Qui sait si, un jour, ces petits voiliers (mais vrais bateaux de mer) ne voleront pas au dessus de l'Atlantique.

Nous n'en sommes pas encore là mais la Mini Transat - îles de Guadeloupe 2015 s'annonce comme l'une des plus belles éditions, avec 33 coureurs étrangers (45% des concurrents).

Le plus jeune sera le Français Quentin Vlamynck (22 ans) et le doyen l'Espagnol Carlos Lizancos (56). Un regret: il n'y aura que 4 femmes au départ.

La flotte se répartira entre prototypes (26) et bateaux de série (46).

Une fois partis de Douarnenez, les "Ministes" feront route vers Lanzarote, aux Canaries, une première manche de 1250 milles. Les premiers devraient y arriver le 26 octobre. Le départ de la seconde manche (2770 milles) sera donné le 31 octobre, avec une arrivée à Pointe-à-Pitre le 14 novembre pour les plus véloces.

Soit un total de 4020 milles (environ 7445 km) à parcourir dans des bateaux humides, inconfortables et où tout est sacrifié à la performance.

En 2013, la course avait été remportée par les Français Benoît Marie en catégorie prototypes et Aymeric Belloir dans celle des bateaux de série.

Sur une course aussi longue, sur des bateaux aussi petits et avec en préambule une traversée d'un golfe de Gascogne toujours fertile en émotions à l'automne, tout est possible.

Quelques favoris se détachent toutefois.

En protos, Davy Beaudart fait figure d'épouvantail. Son voilier est un plan Raison, victorieux en 2011 et 2013, très rapide au reaching (allures portantes). Dans les bateaux de série, les noms de Charly Fernbach, Benoît Hantzperg, Ian Lipinski, Julien Pulvé et Tanguy Le Turquais sont le plus souvent mentionnés. L'Atlantique jugera.

heg/pel