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18/09/2015 09:33 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Migrants: la Suisse débloque des fonds en urgence et va accueillir 1.500 migrants

Le gouvernement suisse a décidé vendredi de débloquer en urgence des fonds humanitaires supplémentaires et a accepté d'accueillir en deux ans 1.500 migrants déjà enregistrés en Italie et en Grèce dans le cadre du premier programme de répartition de l'UE.

La Suisse ne participera au programme de relocalisation de l'Union Européenne en juillet et portant sur 40.000 personnes, "qu'à la condition que les migrants soient enregistrés et identifiés correctement, dans le respect des engagements de Dublin", indique un communiqué officiel.

Mais le nombre de ces personnes admises à ce titre sera déduit du contingent de 3.000 personnes à protéger que le gouvernement suisse avait décidé d'accueillir en mars dernier, précise le communiqué.

Le Conseil Fédéral (gouvernement) réuni à Berne a aussi décidé de débloquer immédiatement 50 millions de francs (46 millions d'euros) supplémentaires et d'ajouter 20 millions de plus au budget humanitaire programmé pour 2016, notamment pour financer les opérations humanitaires des organisations internationales en Syrie et dans les pays voisins.

"Cette action est modeste mais si tout le monde fait de même cela peut représenter des sommes importantes. Nous lançons un appel à la communauté internationale, il ne faut pas attendre les budgets 2016, il faut faire un effort supplémentaire avant la fin de l'année", a indiqué dans une conférence de presse le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter.

Il a souligné que les grandes organisations humanitaires, le Comité International de la Croix Rouge (CICR), le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) manquaient d'argent, le PAM ayant dû réduire de moitié les rations alimentaires distribuées.

Il a aussi annoncé mener un "dialogue pas évident" avec les autorités syriennes mais aussi iraniennes "sur les conditions d'accès de l'aide humanitaire en Syrie". "Nous sommes les seuls qui pouvons le faire", a estimé M. Burkhalter.

Outre les priorités humanitaires, "pour régler la crise, il faut faire la paix", a déclaré le ministre confirmant avoir mis à la disposition de l'ONU une "équipe de médiateurs" pour aider à constituer des groupes de travail avec les différentes parties, la Suisse se disant prête à accueillir ces négociations. Elle a débloqué vendredi pour cela des fonds supplémentaires.

L'effort humanitaire suisse supplémentaire concerne en priorité la Syrie et ses voisins mais également la Corne de l'Afrique.

Pour le moment la Suisse, qui fait partie de l'Espace Schengen, n'est pas une destination recherchée par les migrants mais elle "n'exclue pas que le flux migratoire se déplace" et les autorités déclarent mener "des préparatifs nécessaires pour conserver leur marge d'action en cas de changement de la situation".

pjt/abk