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18/09/2015 09:49 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Les Grecs attendant de tourner la page du contrôle des capitaux

Après les élections, les Grecs espèrent, grâce à une stabilité politique durable, en finir assez vite avec le contrôle des capitaux imposé depuis fin juin, qui a paralysé encore un peu plus une économie déjà sur le flanc.

"Toutes les entreprises qui le peuvent ont maintenant, comme nous, ouvert des comptes à l'étranger pour faciliter leurs transactions. Pour celles qui n'ont pas pu et pour les entreprises qui importent beaucoup de matières premières, ça reste très difficile", observe Christos Papadimitriou, l'un des dirigeants de l'entreprise familiale du même nom, basée à Kalamata (Péloponnèse), qui exporte notamment du vinaigre balsamique dans une trentaine de pays.

Après avoir annoncé un référendum sur les conditions posées par les créanciers à un troisième plan de sauvetage du pays, le gouvernement de gauche radicale Syriza avait été contraint d'imposer un contrôle des capitaux, en vigueur depuis le 29 juin, afin de prévenir un début de panique bancaire.

Après trois semaines de fermeture des banques, et des scènes d'interminables queues devant les distributeurs, les établissements avaient rouvert et les conditions de paiement de factures à l'étranger ont été quelque peu assouplies pour les entreprises au cours de l'été.

Pour les particuliers, la limite de retrait hebdomadaire à l'intérieur du pays n'a pas bougé depuis l'instauration du contrôle: 420 euros, retirables en une fois. Les virements vers l'étranger ne sont pas possibles, sauf pour des soins, des études, des voyages.

Les entreprises peuvent transférer de l'argent plus facilement, afin de payer les importations, mais dans une limite serrée et en soumettant leur demande à une commission bancaire, moyennant, en août, un délai de réponse de 18 jours.

"Mais je connais des entreprises qui ont des demandes sans réponse depuis plus d'un mois. Au début, nous nous en sommes sortis en demandant aux clients qui nous devaient de l'argent de payer directement les fournisseurs auxquels nous ne pouvions virer de l'argent", explique M. Papadimitriou.

Le chiffre d'affaires du commerce de détail a baissé de 12,7% en juin, juillet et août sur un an, selon l'Union des commerçants qui attribuent largement cette situation au contrôle des capitaux. Les importations ont chuté en juillet de 32% (22% sans les produits pétroliers) par rapport à 2014.

L'impact se reflète aussi sur le secteur manufacturier dont l'indice (PMI) a dégringolé en juillet (30,2) et en août (39,1), des plus bas historiques, les acteurs faisaient état d'un très fort recul de la production, tout comme des nouvelles commandes à l'export, de l'emploi et des achats.

"La seule nouveauté apportée par le Syriza a été le contrôle des capitaux", a d'ailleurs ironisé le dirigeant de l'opposition de droite, Vangelis Meïmarakis, lors de son dernier meeting de campagne, sûr de son effet tant la fermeture des banques a choqué la population grecque.

Une nouveauté, une vraie, ce contrôle des capitaux en a pourtant apporté une : le paiement par carte dans les commerces a fait un bond de 44%, selon l'Union des commerçants et le nombre de cartes bancaires émises de fin juin à début août a dépassé un million contre une moyenne de 100.000 euros par mois habituellement dans une Grèce où le liquide est roi.

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