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18/09/2015 11:37 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

L'est de l'Ukraine risque une pénurie d'eau en hiver (OSCE)

Les habitants de l'est de l'Ukraine risquent de passer l'hiver sans eau courante ni chauffage en raison des combats qui ont endommagé les infrastructures, a prévenu vendredi l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

"Des dizaines de milliers de civils vivant des deux côtés de la ligne" de front sont déjà privés d'accès à l'eau courante et risquent également de ne plus pouvoir chauffer leurs maisons, a estimé l'OSCE, qui compte plusieurs centaines d'observateurs dans la zone du conflit entre Kiev et les rebelles prorusses qui a fait presque 8.000 morts depuis avril 2014.

Sans eau courante ni chauffage, "les couches de populations les plus vulnérables, comme les enfants, les personnes handicapées, âgées et celles souffrant de maladies chroniques, sont en danger" notamment en ce qui concerne le risque de propagation de maladies infectieuses, a souligné Alexander Hug, chef adjoint de la mission d'observation de l'OSCE, cité par le communiqué.

En raison des combats qui se poursuivent et malgré plusieurs trêves conclues entre soldats ukrainiens et séparatistes prorusses, les conduites d'eau et de gaz endommagées n'ont pas pu être réparées partout, a déploré l'OSCE, qui a appelé à un cessez-le-feu "complet".

Et la présence de troupes ukrainiennes et séparatistes près de puits ou de citernes empêche les villageois d'y accéder, a souligné l'OSCE, ajoutant que les civils craignent également de marcher sur une mine ou un obus non explosé.

L'Ukraine et les rebelles se sont mis d'accord sur une nouvelle trêve, entrée en vigueur le 1er septembre, et qui semble pour l'heure généralement respectée.

Si des échanges de tirs sporadiques se poursuivent, leur nombre a considérablement chuté: les rebelles et les soldats ukrainiens enregistrent une dizaine de tirs par jour, contre une centaine il y a un mois.

Malgré cette nouvelle trêve, les autorités ukrainiennes ont annoncé vendredi la mort de deux soldats ayant sauté sur des mines dans deux localités de la région de Donetsk. Cinq autres militaires ont été blessés dans ces deux incidents, a précisé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

A l'issue d'une visite de dix jours dans la zone de conflit, un rapporteur spécial de l'ONU, Christof Heyns, s'est inquiété vendredi à Kiev de l'absence d'enquête sur les "bombardements aveugles" présumés effectués par les deux parties, accusées aussi de placer des pièces d'artillerie dans les quartiers résidentiels, y compris à proximité d'écoles et d'hôpitaux.

"Il y a très peu de signes que le gouvernement ou les groupes armés (de rebelles, ndlr) enquêtent sur ces accusations", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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