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18/09/2015 04:56 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

L'afflux de réfugiés en Suède ne peut pas continuer à ce rythme, selon Valls

L'afflux de réfugiés en Suède ne peut pas continuer à ce rythme et d'autres pays européens devront en accueillir, a affirmé vendredi à Stockholm le Premier ministre français Manuel Valls.

"Vous accueillez, depuis quelques semaines, un nombre considérable de réfugiés, et c'est l'honneur de la Suède de le faire. En même temps, tout le monde sait que cela ne peut pas continuer", a-t-il déclaré, interrogé lors d'un colloque sur ce que lui inspirait la politique d'accueil généreuse de la Suède.

"Si tous les jours il y a entre 500 et 1.000 réfugiés qui arrivent dans votre pays, il y aura un moment où ça deviendra insupportable pour des raisons que chacun peut comprendre, économiques, sociales, de soutenabilité même par la population", a-t-il expliqué.

La Suède a reçu mi-septembre un nombre record de demandes d'asile, plus de 5.200 en une semaine, dont une moitié de Syriens. Pour la première fois c'était plus qu'en juin 1992, lors du conflit qui a déchiré la Yougoslavie.

Selon M. Valls, "s'il n'y a pas une réponse globale européenne, nous n'y arriverons pas". Il a plaidé pour "la mise en place de centres d'accueil et d'enregistrement, en Grèce, en Italie, en Hongrie où c'est indispensable, en Serbie qui le demande, et un soutien à la Turquie".

L'Union européenne organise mercredi à Bruxelles un sommet sur la gestion des flux migratoires, au lendemain d'une rencontre des ministres de l'Intérieur, pour tenter de surmonter les divisions face à cette crise.

Le chef de gouvernement français a aussi souligné la nécessité pour les pays européens d'enseigner leur langue et leurs valeurs aux nouveaux arrivants. "Réussir cette intégration, c'est tout à fait essentiel, tout en luttant contre les peurs, parce que dans nos pays on a toujours peur que les réfugiés qui arrivent viennent prendre notre logement, notre emploi. Pour tout cela nous mobilisons, les uns et les autres, des moyens très importants pour réussir cet accueil dans nos sociétés".

"Le discours qui consiste à rejeter les migrants, à rejeter les réfugiés, à expliquer qu'on ne peut accueillir que des chrétiens, et pas les musulmans, sont des discours qui n'ont rien à voir avec l'idée que je me fais, et que nous nous faisons je crois, de l'Europe et de ses valeurs", a-t-il ajouté.

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