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18/09/2015 05:26 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Jérusalem en état d'alerte avant la prière du vendredi

La police israélienne était en état d'alerte vendredi à Jérusalem en prévision de nouvelles tensions autour de l'esplanade des Mosquées et de manifestations de Palestiniens voulant défendre le troisième lieu saint de l'islam contre ce qu'ils dénoncent comme les atteintes des juifs.

La police israélienne a établi des barrages gardés par des dizaines d'hommes en armes dans les rues montant à la Vieille ville et aux portes de celle-ci. Elle refoulait les jeunes, seules passaient les personnes plus âgées en route pour la prière hebdomadaire sur l'esplanade des Mosquées. Un ballon aérien surveillait la Vieille ville.

La police a imposé une mesure habituelle face au risque de débordement en interdisant aux hommes de moins de 40 ans l'accès à la prière sur l'esplanade. Cette disposition est censée réduire le risque de violences, mais les Palestiniens y voient un empiètement de plus des Israéliens sur l'esplanade.

Elle a aussi annoncé le renforcement de ses effectifs à Jérusalem, en proie aux violences depuis des mois et à un nouvel accès de fièvre ces derniers jours.

La Cisjordanie occupée devait elle aussi être sous tension en ce jour de prière musulmane, rituelle occasion de manifestations que la mobilisation pour l'esplanade des Mosquées risque de grossir.

Le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a de son côté appelé à un "jour de colère" en faveur de l'esplanade.

- Respect du statu quo -

Les tensions autour de l'esplanade des Mosquées, causes des crispations récentes à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, font redouter un embrasement déjà connu par le passé.

Un Palestinien de 26 ans, Ahmed Khatatbé, a été gravement blessé dans la nuit par des tirs de l'armée israélienne près de Naplouse (Cisjordanie), ont indiqué des sources médicales palestiniennes. Il avait lancé, ainsi qu'un autre homme arrêté depuis, un engin incendiaire sur un véhicule circulant sur une route menant à l'importante colonie juive d'Itamar, a dit l'armée israélienne.

L'esplanade des Mosquées est située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée en 1967 par Israël et annexée, donc au coeur du conflit-palestinien. Avec le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa qui s'y trouvent, elle est un symbole intangible, sublimé par la religion, pour des Palestiniens frustrés d'Etat depuis des décennies.

Poudrière menaçant toujours d'exploser, elle vient de connaître trois jours de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens, et va au devant d'une nouvelle période sensible, avec la collision, mercredi, de l'Aïd el-Adha (fête du Sacrifice), moment fort du calendrier musulman et du jour du Grand Pardon (Yom Kippour, la fête juive la plus solennelle).

Les violences de dimanche à mardi ont coïncidé avec les célébrations du Nouvel an juif qui voient les juifs prendre plus nombreux le chemin du site.

Car l'esplanade est aussi le lieu le plus saint du judaïsme. Les règles qui gouvernent le lieu (le "statu quo") n'autorisent les juifs qu'à la visiter, pas à y prier.

Ces visites, les incidents auxquels elles donnent lieu, ainsi qu'un discours minoritaire mais de plus en plus audible de la part de juifs réclamant non seulement le droit de prier sur l'esplanade, mais aussi la souveraineté sur les lieux, exaspèrent les Palestiniens.

- 'Al-Aqsa est à nous' -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assure constamment être engagé au respect du "statu quo". Il accuse les dirigeants palestiniens d'attiser les flammes.

"Al-Aqsa est à nous, le Saint-Sépulcre est à nous", a dit le président palestinien Mahmoud Abbas mercredi à Ramallah, "ils n'ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales, nous ne le leur permettrons pas, et nous ferons tout ce qui est possible pour protéger Jérusalem".

Devant les affrontements récents et les violences permanentes depuis des mois à Jérusalem, M. Netanyahu a "déclaré la guerre aux lanceurs de pierres et d'engins incendiaires".

Un Israélien de 65 ans est mort au volant de son véhicule dans la nuit de dimanche à lundi, apparemment à la suite de jets de pierres selon la police.

M. Netanyahu a promis de durcir la répression contre ces agissements.

Le porte-parole du ministère de la Justice Moshé Cohen a confirmé à l'AFP que le recours à des snipers contre les lanceurs de pierres à Jérusalem était à l'examen. Israël utilise déjà ces tireurs en Cisjordanie occupée mais leur engagement n'est pour l'instant pas permis à Jérusalem.

lal-sbh/feb