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18/09/2015 16:27 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Jack Eichel amorce le camp comme si son poste chez les Sabres n'était pas assuré

BUFFALO, N.Y. — Connor McDavid a revêtu un chandail no 97 des Oilers d'Edmonton dès le jour où il a été repêché. Jack Eichel ne portera pas le no 15 qu'il a choisi tant que son poste ne sera pas confirmé avec les Sabres de Buffalo.

Eichel, choisi tout juste derrière McDavid avec le deuxième choix au total du dernier repêchage, sera de la formation des Sabres pour le premier match de la saison. Il sera d'ailleurs le visage de la reconstruction du club. Mais le patineur de 18 ans refuse d'abandonner le no 41 qu'on lui a confié au tournoi des recrues tant que sa place ne lui a pas été confirmée par l'entraîneur-chef Dan Bylsma.

«On est toujours au camp d'entraînement, alors je pense que le plus important est de me concentrer sur l'obtention d'un poste, a dit Eichel vendredi, après son premier entraînement. Quand le temps viendra, s'il vient, je changerai le 41 pour le 15.»

Peu importe le numéro qui orne son chandail, Eichel est considéré un talent exceptionnel, le genre de talent que l'on ne voit qu'une fois par génération, comme McDavid. Il a amorcé le camp sur le deuxième trio non officiel des Sabres, entre Matt Moulson — qui s'est épanoui aux côtés de John Tavares avec les Islanders de New York — et le Letton étoile Zembus Girgensons.

Grâce à l'acquisition des attaquants Evander Kane et Ryan O'Reilly, Bylsma et les autres joueurs savent qu'Eichel n'a pas à porter les Sabres sur ses épaules.

«Ce qu'il y a de mieux présentement, c'est qu'il n'a pas à être le meilleur joueur de notre club, a déclaré Bylsma. Il doit apprendre et s'améliorer en tant que joueur, se développer. Quand il aura fait tout ça, il sera très efficace.»

Le coup de patin d'Eichel est déjà du niveau de la LNH, mais Bylsma a précisé qu'il devra apprendre à jouer à un rythme plus élevé, avec et sans la rondelle. Ceux qui ont patiné avec lui au cours des dernières semaines ont été témoins de son talent. Mais ils ont aussi compris que cela n'en ferait pas une vedette instantanément.

«Je pense que Jack a un talent énorme talent brut, a indiqué l'ailier Tyler Ennis. La LNH a un jeu très rapide, très structuré. Comme chacun d'entre nous, il devra apprendre en cours de route et être prêt à jouer un rythme très soutenu. Je ne pense pas que ce soit un problème pour lui, en raison de son coup de patin.»

Eichel s'attendait au rythme soutenu qu'a imposé Bylsma lors du premier entraînement de l'équipe, un rythme bien au-delà de tout ce qu'il a connu au niveau universitaire, où il a été nommé joueur de l'année. Il a patiné avec Moulson, chez qui il habitera cette saison.

C'est Moulson qui a approché le directeur général des Sabres, Tim Murray, pour lui dire que sa femme et lui ne verraient pas d'inconvnient à accueillir Eichel. Moulson a aussi servi de propriétaire à Tavares à sa première saison chez les Islanders. Murray et Bylsma ont immédiatement aimé cette suggestion, mais Eichel a pris un certain temps à y réfléchir: c'est qu'il ne voulait pas prendre pour acquis qu'il allait jouer dans la LNH.

«C'est difficile pour moi de m'engager de cette façon avant d'avoir mérité mon poste, a expliqué Eichel. Je ne voulais pas lui dire que j'allais habiter chez lui tant que je n'aurais pas eu la confirmation et c'est toujours le cas. Je dois gagner ma place. C'est ce que je tente de faire.»

Bylsma aime bien cette approche, même si les chandails à l'effigie du no 15 se vendent plutôt bien à Buffalo. Si l'Eichel-manie est bien vivante, le principal intéressé croit plutôt que c'est de l'engouement envers l'équipe dont il s'agit.

Eichel parle aussi comme un joueur d'expérience quand il affirme que les Sabres n'effectueront pas un virage à 180 degrés de façon instantanée. Eichel sera cependant un rouage important de ce processus.

«Il devra apprendre, mais on s'attend à de grandes choses de sa part», a laissé tomber le défenseur Mike Weber.

Eichel s'attend aussi à beaucoup de sa part. Il croit que personne ne lui impose davantage de pression que lui-même.

«Je veux bien faire car je suis un gars compétitif. je veux trouver mon rôle, puis faire la différence pour cette équipe. C'est pour ça qu'ils m'ont repêché et qu'ils me donnent cette opportunité.»

Stephen Whyno, La Presse Canadienne