POLITIQUE
18/09/2015 07:46 EDT | Actualisé 18/09/2015 08:12 EDT

Port du niqab : désenchanté par le NPD, un citoyen se tourne vers le Bloc québécois

Courtoisie

Comme plusieurs Québécois cette semaine, Marco Hervieux était stupéfait de voir que le Nouveau parti démocratique s’était dit d’accord avec le jugement sur le port du niqab pendant les cérémonies de citoyenneté.

S’il savait que Justin Trudeau était pour le port du niqab, qui couvre une partie du visage, il s’est étonné de voir que Thomas Mulcair avait environ la même position que son homologue libéral.

Mercredi matin, il a ouvert le Journal de Montréal pour y lire la chronique de Mario Dumont. « Je suis tombé en bas de ma chaise, dit-il. Je voulais voter NPD pour débarquer Harper, mais là, le plan ne marche plus. Ça dépasse les limites de l’entendement. »

Marco Hervieux avait sa carte de membre du NPD et affichait clairement son soutien à sa députée Ève Péclet sur son balcon. Il devait même être bénévole pour elle dans Pointe-de-l’Île, circonscription dans l’est de Montréal.

Il s’est tout de suite dirigé vers son bureau de circonscription et a demandé à ce que son nom soit retiré de la base de données du parti. Il s’est aussi tourné vers les réseaux sociaux pour dénoncer la position du NPD et affirmer qu'il allait désormais se tourner vers le Bloc québécois.

Au bureau d’Ève Péclet, l’un de ses bénévoles, Yvon Fortin, nous a indiqué ne pas avoir eu vent de la venue d’un militant fâché. De toute façon, dit-il, les citoyens n’abordent pas vraiment le sujet.

« Ce qui les intéresse, c’est l’économie, la préservation de l’environnement et les places en garderie que l’on offrirait », précise le bénévole.

Marco Hervieux dit ne pas en vouloir à Ève Péclet, qu’il appuie. Il s’inquiète seulement de la position du NPD dans le dossier des cérémonies de citoyenneté.

« Je considère que c’est une bonne députée, mais je ne peux pas mettre mon "X" à côté d’un parti qui appuie [le port du niqab] », dit-il.

Il reconnaît ne pas s’être « assez bien renseigné » sur la position du parti de Thomas Mulcair, qui a été discutée dans les médias depuis ce printemps. Il pense toutefois que cette prise de position pourrait teinter le vote des électeurs québécois d’ici le 19 octobre.

Une voix dissonante au NPD

Le candidat néodémocrate dans Mégantic-L’Érable, Jean-François Delisle, a confié à La Presse Canadienne qu’il était en désaccord « personnellement » avec le port du niqab pendant la cérémonie de citoyenneté.

Il a aussi lancé l’idée d’amender la Charte canadienne des droits et libertés afin de revisiter la notion de liberté de religion.

En mars dernier, le député dans Rosemont-La-Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, avait expliqué en entrevue avec Mario Dumont que son parti était inconfortable avec l’idée que les femmes travaillant dans le secteur public puissent porter le niqab, et en société en général.

« Le niqab est une forme de frontière qui se crée entre une femme et puis le reste de la société. C’est un mur. C’est quelque chose qui oui, nous choque, et avec lequel on n’est pas du tout à l’aise », a-t-il dit.

Le chef du NPD Thomas Mulcair a répété qu’il se rangeait derrière le jugement autorisant le port du niqab pendant la prestation du serment de citoyenneté canadienne.

Le débat sur le niqab est revenu sur la table en début de semaine, après que la Cour d’appel fédérale ait déterminé que les musulmanes pouvaient avoir le visage voilé lors des cérémonies de citoyenneté.

Tout au long de la semaine, les conservateurs et les bloquistes ont fait valoir qu’ils étaient contre ce jugement et ont attaqué leurs adversaires libéraux et néodémocrates sur le sujet.

Vendredi, le Parti conservateur a demandé la suspension du jugement en attendant que la Cour suprême se penche sur l’affaire. Le Bloc québécois a quant à lui attaqué le NPD par le biais d’une publicité vidéo.

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