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18/09/2015 11:06 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Danemark: des encarts anti-immigration publiés au Liban visés par une enquête

Un organisme danois de contrôle de l'action publique a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête pour information trompeuse, après la publication d'encarts dans la presse libanaise destinés à dissuader les candidats à l'émigration de tenter leur chance dans le pays.

Le directeur de cet organisme chargé de vérifier la conformation des pouvoirs publics aux lois nationales a mis en demeure le gouvernement de s'expliquer sur cette campagne d'information publiée début septembre dans quatre journaux du Liban.

Considérées séparément, les publicités diffusées "sont factuellement correctes" mais leur combinaison présenterait "une image fausse" de la politique d'immigration danoise, "en particulier aux réfugiés syriens", écrit Jorgen Steen Sorensen dans un communiqué.

"Si tel est le cas, les réfugiés pourraient avoir été convaincus, sur de faux postulats, de ne pas demander asile au Danemark", constate-t-il.

Les encarts incriminés affirmaient que les allocations sociales accordées aux nouveaux arrivants ont été réduites "jusqu'à 50%" et que le rapprochement familial n'est pas autorisé durant la première année pour les détenteurs d'un permis de résidence temporaire.

Pour rester au Danemark, les migrants et réfugiés devront parler et comprendre le danois, précise le texte, qui avertit que ceux qui n'obtiendront pas un permis de résidence seront "renvoyés rapidement" du pays.

L'association danoise "Refugees Welcome" a publié cette semaine une tribune dans les colonnes du quotidien libanais en anglais Daily Star, appelant au contraire les réfugiés à venir plus nombreux au Danemark.

"Le délai d'examen d'un dossier est un des plus rapides en Europe (...) et le temps d'attente pour le regroupement familial est de quatre à sept mois", écrivait Michala Bendixen.

Le Danemark a également un taux d'acceptation parmi les plus élevés en Europe: neuf Syriens sur dix y voient leur demande d'asile reçue, selon elle.

Le parti de droite du Premier ministre Lars Løkke Rasmussen a remporté les élections au printemps en faisant campagne sur la baisse des prestations destinées aux demandeurs d'asile, qui avaient été relevées par le gouvernement précédent de centre gauche. Minoritaire, il dépend du soutien du Parti populaire danois, une formation de droite anti-immigration, pour faire passer des lois au parlement.

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