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18/09/2015 13:26 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Colombie: les crimes de trafic de drogue amnistiés si liés à des crimes politiques

Les crimes liés au trafic de drogue en Colombie seront désormais amnistiés s'ils ont financé les actions d'ordre politique des combattants de la guerre civile qui déchire ce pays depuis plus d'un demi-siècle, a-t-on annoncé vendredi de source judiciaire.

"Le crime de trafic de drogue peut bénéficier d'amnisties et de pardons quand il est lié à des crimes politiques", a indiqué le service du Procureur général dans un communiqué ajoutant que cette décision concernait "également la possibilité d'extradition".

"Le crime de trafic de drogue peut être lié au crime politique dans les cas où il sert d'instrument de guerre, quand il est utilisé pour financer des objectifs politiques de la confrontation armée", précise le texte, publié au lendemain d'une réunion avec le président de la Cour suprême de justice, José Leonidad Bustos.

Le thème de la justice, en particulier des sanctions contre les guérilleros démobilisés, est l'un des points épineux des pourparlers de paix menés depuis près de trois ans entre le gouvernement et les Forces révolutionnaires armées de Colombie (FARC, marxistes), principale guérilla du pays.

Les deux parties s'accusent réciproquement d'atrocités commises pendant le conflit, qui implique guérillas d'extrême gauche, ex-paramilitaires d'extrême-droite, bandes criminelles et forces armées, et a fait à ce jour quelque 220.000 morts ainsi que plus de six millions de déplacés.

Les FARC, qui ont pris les armes en 1964 et comptent actuellement environ 7.000 combattants selon des chiffres officiels, ont admis avoir financé leur lutte via des activités liées au trafic de drogue comme l'extorsion d'argent aux cultivateurs de coca.

La Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne, avec quelque 442 tonnes en 2014, selon les derniers chiffres publiés par l'ONU.

fpp/hdz