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18/09/2015 13:35 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

Burkina: les événements depuis le putsch

Rappel des principaux événements depuis le coup d'Etat au Burkina Faso, qui a porté au pouvoir le général Gilbert Diendéré, un fidèle de l'ex-président Blaise Compaoré.

--MERCREDI 16 SEPTEMBRE--

A Ouagadougou, des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) font "irruption dans la salle du Conseil des ministres à 14H30 (locales et GMT) et prennent en otage" le président intérimaire Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida, ainsi que deux membres du gouvernement, selon le président du Conseil national de la transition (Assemblée de transition).

Le pays était dirigé depuis la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014 par des autorités intérimaires, qui devaient rendre le pouvoir à l'issue d'élections générales en octobre prochain. Le RSP, garde prétorienne de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par la rue après avoir voulu modifier la Constitution pour faire sauter la limitation des mandats présidentiels, a déjà à plusieurs reprises perturbé la transition.

Dans la soirée, des coups de feu sont tirés par des soldats pour disperser des manifestants. Le siège à Ouagadougou du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Compaoré, est saccagé par des manifestants.

L'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) condamnent, ainsi que la France, ancienne puissance coloniale, cette "prise d'otages". L'ONU réclame que le président et son Premier ministre soient "libérés sains et saufs et immédiatement".

--JEUDI 17 SEPTEMBRE--

Le général Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major de Compaoré, est placé à la tête du Conseil national pour la démocratie (CND), nouveau pouvoir mis en place par les militaires putschistes. Couvre-feu nocturne et fermeture des frontières.

Le nouvel homme fort justifie le coup d'Etat par les "mesures d'exclusion prise par les autorités de transition", en référence à un nouveau code électoral controversé interdisant aux partisans de l'ex-président de concourir à la présidentielle. Il promet d'organiser "rapidement" des élections et affirme n'avoir eu aucun contact avec Blaise Compaoré.

Des hommes du RSP tirent pour disperser les attroupements: au moins trois morts et une soixantaine de blessés, selon une source hospitalière. Dans la nuit, des manifestants se rassemblent pour protester contre le putsch, notamment à Bobo Dioulasso (ouest), 2e ville du pays, et Fada-Ngourma (est).

Le coup d'Etat est unanimement condamné par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU agite la menace de sanctions contre les putschistes s'ils ne rendent pas le pouvoir. La France, qui dispose d'un contingent de 220 soldats des forces spéciales françaises à Ouagadougou, dans le cadre de son opération antijihadistes, assure qu'elle n'interviendra pas.

--VENDREDI 18 SEPTEMBRE--

Le première nuit sous couvre-feu se passe dans le calme à Ouagadougou.

A la mi-journée, dans la capitale, les hommes du RSP ouvrent de nouveau le feu pour disperser des manifestants qui tentaient de converger vers la place de la Révolution.

Les putschistes annoncent la libération la veille de Michel Kafando. Seul Isaac Zida n'a pas été libéré et reste "en résidence surveillée", selon le général Diendéré.

Le nouveau régime annonce la réouverture des frontières terrestres et aériennes.

Des représentants de la société civile exigent le départ des putschistes et annoncent préparer un "front commun de résistance".

L'Union africaine "suspend (le Burkina Faso) de toutes les activités de l'UA, avec effet immédiat", selon un diplomate en poste à l'UA.

Le chef des putschistes doit s'entretenir dans la soirée avec le président sénégalais Macky Sall, dirigeant en exercice de la Cédéao, et son homologue béninois Thomas Boni Yayi, qu'il a accueillis lui-même à l'aéroport.

acm/sba