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18/09/2015 08:30 EDT | Actualisé 18/09/2016 01:12 EDT

A quelques semaines des législatives, la Birmanie recrute une force de police spéciale élections

A quelques semaines d'élections législatives historiques, la Birmanie a lancé le recrutement d'une force de police spéciale chargées notamment d'assurer la sécurité des bureaux de vote, mais l'opposition s'inquiète du manque d'expérience et de cadre précis pour ces 40.000 nouvelles recrues.

"Nous allons recruter 40.000 personnes en tant que force de police spéciale élections pour un mois à partir de mi-octobre", a déclaré vendredi un officier supérieur à l'AFP sous couvert d'anonymat. Deux semaines avant les scrutins, ces nouvelles recrues, sans expérience policière, seront formées aux lois électorales et aux tâches de base de la police.

Cette force spéciale, dont les membres seront recrutés localement, est créée pour pallier le manque de policiers à travers le pays pour couvrir tous les bureaux de vote, a-t-il ajouté.

"Avec cette précaution, nous espérons être en mesure d'être rapidement alerté si quelque chose arrive car ils connaissent bien leur région", a-t-il expliqué, précisant que ces policiers ne seraient pas armés mais chargés d'avertir rapidement une patrouille de police traditionnelle en cas de troubles.

Les candidats ont été sélectionnés par des policiers et des administrateurs municipaux, a-t-il encore précisé. Les prétentions de départ quant à leur niveau d'éducation ont été revues à la baisse dans certaines régions pour assurer un recrutement local.

Le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition s'est inquiété du peu d'informations relatif à cette force de police spéciale. "Nous ne savons pas grand chose concernant la police spéciale en dehors de ce que les médias ont rapporté. Nous ne savons pas pourquoi ils le font et c'est une première", a déclaré à l'AFP Nyan Win, un porte-parole de la LND.

Le mois dernier, l'association de défense des droits de l'Homme américaine Carter avait prévenu que la "planification de la sécurité de l'élection n'était pas transparente".

"On ne sait pas comment les comités de sécurité vont fonctionner et le rôle de la police auxiliaire des bureaux de vote suscite des inquiétudes", a souligné l'association dans son rapport.

Près de 30 millions de Birmans sont appelés aux urnes le 8 novembre pour les premières élections libres depuis 25 ans.

Même si son parti, qui est donné favori sort vainqueur, Aung San Suu Kyi ne pourra pas devenir chef de l'Etat en raison d'un article de la constitution qui stipule que toute personne ayant un conjoint ou des enfants étrangers ne peut assumer les plus hautes responsabilités.

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