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15/09/2015 10:24 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Turquie: 22 morts dans le naufrage d'un bateau de migrants, afflux de réfugiés à Edirne

Au moins 22 migrants sont morts mardi à l'aube au large de la Turquie dans le naufrage de leur embarcation à destination de la Grèce, alors que des centaines d'autres réfugiés se pressaient à Edirne pour tenter d'entrer en Europe par la route.

Parti de la région de Datça, le navire a chaviré dans les eaux internationales vers 6h00 locales (3h00 GMT) alors qu'il tentait de rallier l'île grecque de Kos. Parmi les victimes figurent onze femmes et quatre enfants, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Rapidement alertés, les garde-côtes turcs ont pu sauver 249 personnes, dont les nationalités n'ont pas été précisées.

Deux autres réfugiés syriens ont également été retrouvés noyés dans un autre naufrage survenu dans la nuit de lundi à mardi au large de Sefehirisar, plus au nord dans la province d'Izmir, selon Dogan.

Depuis plusieurs mois, un nombre croissant de migrants, pour l'essentiel des Syriens, des Afghans et des Africains, tentent de traverser dans des conditions périlleuses la mer Egée depuis les côtes du sud-ouest de la Turquie pour rejoindre les îles grecques, portes d'entrée de l'Union européenne (UE).

Les autorités turques affirment avoir porté secours à plus de 42.000 migrants au large de leurs côtes depuis le début de l'année.

Au début du mois, les photos d'un petit réfugié Syrien de 3 ans, Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage de la station balnéaire de Bodrum, ont suscité une vague d'émotion et d'indignation planétaire et contraint l'UE à entrouvrir ses frontières aux réfugiés.

Plutôt que de prendre la mer, des centaines de réfugiés se sont pressés mardi à la gare routière d'Istanbul pour tenter de rejoindre en bus Edirne (nord-ouest), à la frontière avec la Grèce et la Bulgarie, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'un d'entre eux, Jihad, un étudiant syrien en chimie de 22 ans, a raconté à l'AFP avoir été arrêté par les garde-côtes turcs il y a deux semaines au large de la Turquie. "C'était effrayant, j'en ai fait des cauchemars pendant des nuits. Je suis presque heureux d'avoir été arrêté sinon j'aurais pu mourir", a-t-il dit.

La police a bloqué mardi les accès aux guichets de vente de billets et empêché les réfugiés de monter à bord de bus à destination d'Edirne. Certains ont alors pris la route dans des véhicules particuliers ou à pied pour gagner la ville, distante de 250 km.

Environ un millier de réfugiés se trouvaient déjà mardi à la mi-journée à la gare routière d'Edirne, bloqués par les gendarmes qui leur interdisent de s'approcher des frontières grecque et bulgare, a rapporté un photographe de l'AFP.

La Turquie accueille sur son territoire près de 2 millions de Syriens qui ont fui la guerre civile qui fait rage dans leur pays depuis 2011.

Plus de 500.000 migrants ont traversé les frontières extérieures de l'UE entre janvier et août, a annoncé mardi l'agence européenne Frontex. Plus de la moitié sont entrés par la Grèce.

bur-pa/ger