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15/09/2015 11:00 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Soudan du Sud: Kiir se dit "déterminé" à appliquer "sincèrement" l'accord de paix

Le président sud-soudanais Salva Kiir s'est dit mardi à Juba "déterminé" à appliquer "sincèrement" l'accord de paix signé en août, visant à mettre fin à la guerre civile qui ravage son pays depuis 21 mois et sur lequel il avait émis des réserves.

Ces propos interviennent alors que, selon des diplomates, des sanctions ciblées entreront en vigueur, si aucun des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ne s'y oppose, mardi à 19H00 GMT, contre le chef d'état-major de l'armée, Paul Malong, et un commandant rebelle, Johnson Olony, afin de faire pression sur les belligérants pour que cesse le conflit.

"Avec cette signature, je me suis pleinement engagé, moi-même et le gouvernement, à appliquer sincèrement l'accord sur la résolution du conflit" au Soudan du Sud, a déclaré à la presse le président Kiir.

"En ma position de commandant en chef (de l'armée), j'ai déjà émis un ordre de cessation de toute offensive dans les zones de combat, sauf en cas de légitime défense face à une attaque", a-t-il ajouté, "je suis déterminé à faire la paix et à mettre en oeuvre l'accord".

L'armée sud-soudanaise, loyale à M. Kiir, et les troupes rebelles fidèles à son ancien vice-président Riek Machar, s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu depuis la signature de l'accord.

Mais M. Kiir et M. Machar continuent de se dire déterminés à appliquer le volet politique de l'accord, prévoyant un mécanisme de partage du pouvoir durant une période de transition de 30 mois qui doit s'ouvrir fin novembre.

Washington a proposé au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions ciblées - gels d'avoir et interdiction de voyager notamment - à ceux qui font obstacle à la paix au Soudan du Sud.

Aucun de la demi-douzaine de cessez-le-feu signés par les belligérants depuis le début en janvier 2014 à Addis Abeba d'interminables négociations, longtemps stériles, n'a en effet été respecté.

Le Conseil de sécurité avait déjà imposé des sanctions similaires en juillet contre six chefs militaires - trois dans chacun des deux camps - accusés d'atrocités: massacres de civils, attaques d'hôpitaux ou recrutement d'enfants soldats.

Le Soudan du Sud, plus jeune nation du monde, située "tout en bas de l'échelle en terme de développement humain", selon l'ONU, a fait sécession du Soudan et proclamé son indépendance en juillet 2011, après des décennies de conflit meurtrier et destructeur contre Khartoum.

Il a replongé dans la guerre civile en décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de son armée minée par des antagonismes politico-ethniques, alimentés par la rivalité entre MM. Kiir et Machar à la tête du régime.

Les combats et les massacres qui les accompagnent ont fait plus de 2,2 millions de personnes déplacées et plongé le pays dans une catastrophe humanitaire.

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