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15/09/2015 18:52 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Santos ne rencontrera Maduro que s'il y a une "volonté de résoudre" la crise

Le président colombien Juan Manuel Santos a déclaré mardi qu'il ne se réunirait avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro que "s'il y a une volonté de résoudre les problèmes" à l'origine de la crise frontalière qui affecte quelque 20.000 personnes.

"Je ne veux pas de réunion pour la photo. Je veux une rencontre qui permette de trouver des solutions de manière civilisée, respectueuse", a déclaré le chef de l'Etat colombien lors d'une visite à Paraguachon, poste frontalier situé à l'extrémité nord de la frontière et l'un des derniers fermés par Caracas.

M. Santos, premier président colombien à se rendre dans ce département désertique de La Guajira, limitrophe de l'Etat vénézuélien de Zulia, a réaffirmé que son gouvernement userait de "fermeté, prudence, diplomatie et dialogue" dans son différend avec Caracas. Les solutions doivent être cherchées "dans ces limites", a-t-il ajouté.

"S'il y a cette volonté de résoudre les problèmes, de travailler conjointement en faveur des intérêts communs, nous pouvons alors penser à une réunion", a-t-il estimé, après avoir remercié l'Equateur et l'Uruguay pour leur intervention dans cette crise qui dure depuis trois semaines.

A Quito, son homologue équatorien Rafael Correa a pour sa part annoncé mardi lors d'une conférence de presse que son ministre des Affaires étrangères "Ricardo Patiño était hier (lundi) en Colombie. Maintenant il est au Venezuela afin de voir si cette réunion des présidents se concrétise".

L'Equateur et l'Uruguay exercent respectivement les présidences tournantes de la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (Celac) et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) et, à ce titre, tentent de favoriser un rapprochement entre Bogota et Caracas.

Depuis le début de la crise, quelque 20.000 Colombiens ont, de gré ou de force, quitté le Venezuela, selon l'ONU.

"Nous sommes venus vous aider", a déclaré M. Santos à Paraguachon où 1.538 personnes se sont réfugiées depuis la fermeture de ce poste-frontière le 7 septembre. Il a aussi salué des soldats de la Garde nationale vénézuélienne stationnés de l'autre côté.

Accompagné de plusieurs ministres, dont la titulaire des Affaires étrangères, Maria Angela Holguin, le président a annoncé des mesures en matière de santé, de logement, d'éducation et d'emploi. Il a en outre promis une amélioration de l'approvisionnement en eau potable de ce département touché par une grave sécheresse, avec la prochaine construction d'un aqueduc.

De son côté, l'armée de terre colombienne a ordonné à ses effectifs de ne pas répondre aux éventuelles provocations de militaires vénézuéliens.

Un "Protocole militaire de crise humanitaire" a été distribué aux divisions déployées dans les départements frontaliers de La Guajira (nord), Norte de Santander (nord-est) et Arauca (est).

Ce document en 10 points leur enjoint d'"éviter toute action provocatrice" et de "ne pas céder aux provocations de la troupe (...) ou de la population civile", a précisé une source militaire à l'AFP.

Les relations entre la Colombie et le Venezuela se sont envenimées depuis le 19 août lorsque, après une attaque contre des militaires vénézuéliens, M. Maduro a ordonné la fermeture d'une partie des plus de 2.000 km de frontière et décrété l'état d'exception dans plusieurs départements limitrophes.

Il a justifié ces mesures par le fait que des militaires vénézuéliens avaient été attaqués pendant une opération de lutte contre la contrebande, attaque qu'il a attribuée à "des paramilitaires colombiens".

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