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15/09/2015 11:54 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Pays de Galles: retraite forcée pour Jonathan Thomas, exposé aux coups et épileptique

Le troisième ligne international gallois Jonathan Thomas a annoncé mardi qu'il prenait sa retraite à l'âge de 32 ans, victime d'une forme légère d'épilepsie probablement causée par l'accumulation de coups reçus à la tête selon son club.

Cette annonce alimente le débat sur la santé des joueurs de rugby, à trois jours de l'ouverture de la Coupe du monde en Angleterre, vendredi, alors que les commotions cérébrales sont l'un des principaux sujets de préoccupation des dirigeants.

"J'ai la chance de souffrir d'une forme légère d'épilepsie comparée à d'autres mais, même dans ces conditions, il s'est avéré que c'était trop compliqué de continuer ma carrière professionnelle", a déclaré le Gallois.

Worcester, le club anglais de Jonathan Thomas, a précisé dans un communiqué mardi que le joueur aux 67 sélections (de 2003 à 2011) et aux deux Coupes du monde (2003 et 2007), avec deux Grands Chelems à la clé dans le Tournoi des six nations, souffrait d'épilepsie depuis l'an dernier et que celle-ci "pourrait être la conséquence de multiples traumatismes à la tête ayant entraîné des lésions au cerveau".

Tout au long de sa carrière, le joueur avait pourtant souvent porté un casque de protection.

"Au plus haut niveau, je pense que les fédérations et les départements médicaux des clubs font un super boulot et ont une bonne approche mais je continue de penser que les joueurs doivent être mieux préparés afin de mieux reconnaître les signes avant-coureurs", a souligné le troisième-ligne.

Avant de rejoindre Worcester en 2013, Thomas avait porté les couleurs des Ospreys au pays de Galles.

Pour l'instant peu de joueurs de renommée internationale, à l'instar de Thomas, ont arrêté officiellement leur carrière en raison d'une accumulation de commotions.

Mais la confession, en juin 2014, de l'ex-joueur anglais de Montpellier, Shontayne Hape, expliquant un an et demi après sa retraite avoir dû arrêter sa carrière en raison d'une vingtaine de commotions subies dans sa carrière, avait participé à lever le voile sur ce sujet, encore tabou dans le monde du rugby.

Il avait notamment évoqué, suite à ces chocs, des périodes de "dépressions", des "pertes de mémoire" et un "état migraineux permanent".

Le nombre de commotions cérébrales en match a augmenté de 59% entre la saison 2012-2013 et 2013-2014 dans le championnat anglais, avait révélé une étude indépendante de l'Université de Bath publiée mi-février et portant sur les rencontres des 12 clubs de l'élite.

D'après ce rapport annuel, commandé par la première division anglaise (Premiership) et la Fédération (RFU) en partenariat avec le syndicat des joueurs (RPA), 86 commotions ont été détectées lors des matches de la saison 2013-2014, contre 54 en 2012-13. Il faut ajouter huit commotions subies à l'entraînement contre cinq lors de l'exercice précédent.

Au final, 13% des joueurs avaient subi au moins une commotion cérébrale durant l'année, contre 10% la saison précédente, et il s'agissait de la première cause de blessure en championnat.

En janvier 2011, un garçon de 14 ans était également décédé en Irlande du Nord pendant un match.

En France, le cas du Toulousain Florian Fritz avait ravivé les débats au printemps 2014 lorsque le centre, manifestement sonné, avait été autorisé par le médecin de son club à revenir en jeu après un KO contre le Racing en barrage du championnat.

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