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15/09/2015 13:42 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Mobilisation de la dernière chance pour un condamné à mort aux Etats-Unis

Avec comme porte-étendards l'actrice Susan Sarandon et le milliardaire Richard Branson, les défenseurs d'un homme condamné à mort aux États-Unis se mobilisaient mardi tous azimuts pour tenter d'obtenir un sursis à son exécution prévue mercredi.

Le cas de Richard Glossip, qui doit subir une injection létale en Oklahoma, sort de la chronique ordinaire des exécutions capitales en Amérique car de nombreuses personnes sont convaincues de son innocence, qu'il ne cesse de clamer depuis bientôt 20 ans.

Les yeux sont désormais braqués sur la républicaine Mary Fallin, gouverneur de cet État rural et conservateur du sud des Etats-Unis, qui a le pouvoir d'accorder un sursis de dernière minute.

Une pétition en ce sens a rassemblé plus de 230.000 signatures sur internet.

M. Glossip, 52 ans, a été reconnu coupable d'avoir commandité en 1997 le meurtre du propriétaire d'un motel dont il assurait la gestion. Il avait recruté un jeune de 19 ans, Justin Sneed, qui a avoué l'homicide.

Les soutiens de Richard Glossip dénoncent le fait que sa condamnation se soit fondée sur l'unique témoignage de Justin Sneed, qui lui-même, en plaidant coupable et en impliquant Glossip, a pu négocier une réclusion à perpétuité.

"Je suis convaincue, comme tant d'autres, que Richard est innocent du crime qui l'a envoyé dans le couloir de la mort", affirme Helen Prejean, une religieuse catholique américaine connue pour son combat contre la peine de mort.

La militante a appelé ces dernières heures le public à assaillir de coups de téléphone le standard du bureau de Mary Fallin.

L'actrice Susan Sarandon ou Dr. Phil, un auteur de best-sellers et célèbre animateur de télévision, ont également jeté leur poids dans la mobilisation, ainsi que Richard Branson.

"Si on étudie le dossier en détail, on trouve de nombreux motifs pour croire que Glossip n'a pas commis ce crime", a écrit le patron de Virgin, dans une tribune intitulée "Tuer malgré le bénéfice du doute".

Offrir un sursis "ne serait pas faire preuve de faiblesse face à la criminalité, mais de fermeté dans la justice", a-t-il estimé.

Les avocats du condamné ont déposé cette semaine des éléments de preuve selon eux nouveaux, et exigent un délai pour qu'ils soient examinés.

Leurs précédentes démarches ont notamment consisté à contester, sans succès, la légalité de l'injection létale devant la Cour suprême.

En 2014, l'exécution d'un condamné dans l'Oklahoma, mort dans d'atroces souffrances après 40 minutes d'agonie à la suite d'une injection ratée, avait suscité un vif émoi et relancé un débat sur les méthodes d'exécution.

seb/faa