POLITIQUE
15/09/2015 05:45 EDT | Actualisé 15/09/2015 05:46 EDT

Élections fédérales 2015 : Google, le roi de l'évasion fiscale, finance le débat sur l'économie, dénonce un groupe

ASSOCIATED PRESS
FILE - In this June 2, 2015 file photo, Georgia Gov. Nathan Deal speaks during a ceremony announcing a $300 million expansion of Google's data center operations in Lithia Springs, Ga. Google Inc. on Thursday, July 15, 2015 reported second-quarter earnings of $3.41 billion. (AP Photo/David Goldman, File)

Le PDG de Google est peut-être « fier » de la manière dont sa compagnie évite de payer trop d'impôts, mais un groupe canadien de surveillance pense que le prochain débat sur l’économie devrait se dissocier du géant de la technologie.

Le Globe and Mail tient son débat des chefs sur l’économie jeudi soir en partenariat avec la chaîne CPAC et Google. Mais le groupe Canadiens pour une fiscalité équitable dit que l’implication de Google est un « conflit d’intérêts », étant donné que la compagnie transfère ses avoirs de pays en pays pour éviter de payer des impôts.

Le groupe se dit « préoccupé que l’enjeu [de l’évasion fiscale] ne recevra pas l’attention qu’il mérite en raison de l’implication de Google », selon un communiqué de presse envoyé aux médias mardi.

« Les compagnies comme Google devraient être le sujet d’un débat des chefs, pas le commanditaire », a dénoncé le directeur général Dennis Howlett. « Les Canadiens savent que des milliards de dollars sont réacheminés chaque année vers des endroits comme les îles Caïmans, les Bermudes et la Suisse par des compagnies qui veulent payer très peu ou pas de taxes. »

Pour une fiscalité équitable fait valoir que la division internationale de Google – qui inclut le Canada – a eu droit à des taux d’imposition aussi bas que 2,4% dans les dernières années.

Les pratiques fiscales douteuses de Google ne datent pas d'hier. Bloomberg a rapporté que le géant de la recherche avait évité de payer deux milliards de dollars US en 2011 pour avoir mis 9,8 milliards de son revenu mondial dans une société fictive aux Bermudes, via l’Irlande et les Pays-Bas.

Un an plus tard, Reuters a rapporté que la compagnie a payé l’équivalent de 55 millions de dollars US en taxes sur des revenus de 4,9 milliards en Grande-Bretagne en 2012 – un taux de 2,6%.

Le président de Google Eric Schmidt s’est contenté de dire dans une entrevue en décembre 2013 qu’il était « fier » de la façon dont la compagnie baisse ses impôts.

« On appelle cela le capitalisme », dit-il. « Nous sommes fièrement capitalistes. »

Le débat de jeudi, entre le chef conservateur Stephen Harper, le chef néodémocrate Thomas Mulcair et le chef libéral Justin Trudeau, sera diffusé sur CPAC en plus de YouTube, propriété de Google.

Google va payer aussi pour le sous-titrage de l’événement. Le rédacteur en chef du Globe and Mail David Walmsley va animer le débat, alors que la journaliste politique Jane Taber va tenir un panel avant et après.

Google n’avait pas encore répondu aux demandes d’entrevue du Huffington Post Canada au moment de publier.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais par Catherine Lévesque.

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