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15/09/2015 09:35 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Le pétrole ouvre en hausse dans un marché toujours prudent

Les cours du pétrole ont ouvert en petite hausse mardi à New York, amorçant un léger rebond dans un marché en manque d'informations susceptibles de faire évoluer l'analyse des investisseurs sur le déséquilibre entre l'offre et la demande.

Vers 13H15 GMT, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en octobre gagnait 27 cents à 44,27 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après deux séances de baisse.

"Il ne se passe pas grand chose aujourd'hui", a souligné Bart Melek, chez TD Securities, estimant que les cours bénéficiaient juste d'un léger rebond technique.

D'après lui, "le sentiment qui domine sur le marché est que les choses pourraient encore empirer avant qu'elles commencent à s'améliorer".

Le marché reste indécis à deux jours d'une décision de la Réserve fédérale américaine sur une éventuelle hausse des taux d'intérêt, qui aurait pour conséquence de revaloriser le dollar.

Or tout regain de vigueur du dollar tend à peser sur les cours du pétrole, dont les échanges sont libellés en billets verts, car il pénalise les acheteurs munis d'autres devises.

Par ailleurs, le rapport mensuel de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) paru lundi a contribué à plomber le moral des marchés.

L'Opep a en effet estimé que la demande allait croître un peu moins vite que prévu en 2016, tandis que l'offre allait continuer de progresser, même si la production américaine devrait commencer à se tasser.

"On peut tirer une conclusion évidente de ce rapport, c'est qu'en ce qui concerne l'équilibre entre l'offre et la demande il n'y aura pas de changement entre 2015 et 2016", ont expliqué les analystes de PVM.

Les analystes de Commerzbank faisaient cependant remarquer que le niveau déprimé des cours allait inévitablement entraîner une modération de la production.

"L'Agence internationale de l'énergie (AIE) elle-même estime qu'un baril à 45 dollars représenterait un risque pour la production de 930.000 barils par jour, et qu'un prix de 30 dollars le baril menacerait la production d'environ 1,9 million de barils par jour. Nous jugeons donc que les prix actuels ne peuvent pas durer et prévoyons qu'ils vont monter", faisaient valoir les analystes de Commerzbank.

M. Melek a concédé que ce raisonnement commençait à faire son chemin dans l'esprit des investisseurs, mais "les analystes regardent la surproduction des 12 mois à venir, qui est très substantielle, donc c'est plutôt à long terme" qu'un déclin de production est escompté, a-t-il dit.

Selon lui, rien de concret ne venait pousser les cours à la hausse - "les ventes de détail ont été plus faibles que prévu, ce qui devrait plutôt affaiblir" les cours, a-t-il dit.

Deux indicateurs parus mardi matin sur les Etats-Unis étaient en effet moroses, pouvant susciter un peu d'inquiétude pour la demande: les ventes de détail ont modestement augmenté en août aux Etats-Unis, un peu en deçà des attentes des analystes, et l'activité manufacturière de la région de New York a surpris en restant dans le rouge en septembre.

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