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15/09/2015 06:03 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Le Népal entend instaurer sa constitution en dépit des manifestations meurtrières

Le Népal va voter sa nouvelle Constitution d'ici quelques jours en dépit des manifestations meurtrières de communautés minoritaires du sud du pays qui craignent d'être marginalisées, a annoncé un porte-parole du parlement.

Les membres de l'Assemblée constituante votent depuis dimanche sur ce texte, achevé en août dans le cadre d'un accord historique conclu entre les principaux partis, pressés par la population de s'entendre depuis le séisme meurtrier du 25 avril.

"Une invitation officielle a été envoyée au président pour annoncer la constitution dimanche", a dit un porte-parole du secrétariat du Parlement, Bharat Gautam, à l'AFP.

"Le secrétariat travaille à la préparation de cette cérémonie".

Les principaux partis disposent de la majorité des deux-tiers nécessaire pour voter le texte. Mais le partage prévu du pays en sept provinces suscite la colère de plusieurs minorités ethniques qui craignent d'être sous-représentées au parlement.

Les heurts entre force de sécurité et manifestants de ces communautés ont fait 39 morts au cours de ces dernières semaines dans le sud, dont 11 policiers et un garçon de 18 mois.

Ce texte est en outre critiqué car il rend plus difficile pour les femmes la transmission de la nationalité népalaise à leurs enfants que pour les hommes.

Les Etats-Unis et l'Inde ont exhorté lundi les membres de l'Assemblée à s'assurer d'un large soutien de la population à cette nouvelle Constitution, qui intervient après l'abolition de la monarchie en 2006, au terme d'une décennie de guerre civile contre la guérilla maoïste.

"La constitution doit recevoir le soutien le plus large possible et doit respecter les droits fondamentaux tels que l'égalité entre les genres et les libertés fondamentales", estime le département d'Etat américain dans un communiqué.

"Nous exhortons la population à s'exprimer par des moyens non-violents et pacifiques et demandons aux forces de sécurité de faire montre de retenue dans leur réaction aux manifestations".

Le président du Népal a émis des souhaits similaires, dans un courrier à la présidence de l'Assemblée constituante.

"Il est important qu'aucun groupe, communauté ou région géographique ne soit oublié dans ce processus de rédaction de la constitution", selon la lettre de Ram Baran Yadav consultée par l'AFP.

Les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte, à l'approche de l'instauration de cette Constitution, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Laxmi Prasad Dhakal.

Les parlementaires de la région Tarai (sud) ont décidé de ne pas participer au vote, en guise de protestation.

"Nous leur avons proposé de discuter à maintes reprises mais ils n'ont pas accepté", a dit Bhim Rawal, un dirigeant du parti au pouvoir, le Nepali Congress.

"Quelle que soit leur réponse, le processus se poursuivra. Leurs demandes pourront être satisfaites une fois la Constitution annoncée".

Les négociations sur ce texte, entamées en 2006, ont longtemps buté sur le tracé des provinces, paralysant la scène politique pendant presqu'une décennie.

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