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15/09/2015 11:05 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

La justice russe prolonge de six mois la détention de la pilote ukrainienne Savtchenko

La justice russe a prolongé mardi de six mois la détention de la pilote d'hélicoptère ukrainienne Nadia Savtchenko, sujet de friction entre Moscou et Kiev, lors d'une audience préliminaire précédant la réouverture de son procès.

Arrêtée début juillet 2014 sur le territoire russe selon Moscou, Mme Savtchenko, qui a été symboliquement élue député en Ukraine pendant sa détention, accuse les rebelles prorusses de l'avoir capturée et livrée aux autorités russes. Elle a depuis été détenue dans une prison moscovite.

Les avocats de la jeune femme avaient demandé sa libération, en vertu de son immunité diplomatique en tant que déléguée ukrainienne à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

"La cour n'a pas écouté les arguments de la défense et a prolongé sa détention de six mois", a déclaré à la sortie de l'audience Mark Feïguine, un des avocats de la pilote, ajoutant qu'il comptait faire appel.

Inculpée du meurtre de deux journalistes russes dans l'est de l'Ukraine, la pilote de 34 ans risque jusqu'à 25 ans de prison.

Le tribunal a pris cette décision alors que le procès de Nadia Savtchenko doit rouvrir dans la ville russe de Donetsk (sud-ouest). Celui-ci avait débuté fin juillet mais avait été ajourné rapidement pour que la justice examine la demande des avocats de la jeune femme, qui estimaient que la juger à Donetsk n'était pas légal.

Donetsk se situe en effet en zone transfrontalière et une permission du Service fédéral de sécurité (FSB) est nécessaire pour s'y rendre.

"Tout juge ou enquêteur lié à la détention d'un délégué de l'assemblée parlementaire peut être passible de poursuites judiciaires", a précisé un autre avocat, Ilia Novikov. Selon lui, l'Ukraine a déjà entamé des poursuites contre les responsables de la détention de Mme Savtchenko.

Considérée initialement comme "complice" du meurtre des deux journalistes, tués par un tir de mortier, elle est désormais accusée d'être "coexécutrice d'un meurtre prémédité", pour avoir aidé à corriger les tirs des forces ukrainiennes, selon les enquêteurs russes.

Sa détention, qui lui vaut une forte popularité en Ukraine, est également devenue un sujet de friction supplémentaire entre Moscou et Kiev, dont les relations sont au plus bas depuis l'annexion de la Crimée par Moscou et le début du conflit dans l'est de l'Ukraine.

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