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15/09/2015 07:40 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

La Hongrie arrête 60 migrants qui voulaient entrer illégalement au pays

BUDAPEST, Hongrie — Soixante migrants qui tentaient d'entrer illégalement en Hongrie depuis la Serbie ont été arrêtés au cours des dernières heures, en vertu de nouvelles lois entrées en vigueur dans la nuit de lundi à mardi.

Il est dorénavant illégal de traverser ou d'endommager la clôture haute de quatre mètres que la Hongrie a érigé le long de sa frontière avec la Serbie.

Le conseiller à la sécurité intérieure du premier ministre hongrois Viktor Orban, Giorgi Bakondi, a dit que 45 personnes ont été arrêtées le long de la frontière et 15 autres un peu plus loin en Hongrie.

Ces migrants feront maintenant l'objet d'accusations criminelles pour être entrés en sol hongrois en endommageant la clôture.

La Hongrie a aussi proclamé un état d'urgence dans deux comtés le long de la frontière sud du pays, ce qui confère des pouvoirs spéciaux aux forces de l'ordre et ouvre la voie au déploiement de l'armée pour venir en aide aux policiers et aux douaniers.

Des journalistes de l'Associated Press avaient déjà constaté une forte présence militaire dans la région depuis quelques jours.

Deux postes frontaliers, à Roszke et Asotthalom, ont été fermés, coinçant des centaines de réfugiés en territoire serbe. Ceux qui avaient pu entrer en Hongrie avant ces fermetures ont pris place à bord d'autocars qui devaient apparemment les conduire directement en Autriche.

Le premier ministre Orban a prévenu que les demandes d'asile des migrants qui arrivent de Serbie seront rejetées, puisque la Serbie est un pays sécuritaire. Des migrants bloquent actuellement la principale autoroute entre la Serbie et la Hongrie; ils promettent de refuser de s'alimenter tant qu'on ne leur permettra pas d'entrer en Hongrie.

L'Organisation internationale pour les migrations prédit que l'incapacité de l'Europe à s'entendre sur la stratégie à adopter face à la crise des migrants se traduira par de nouvelles pertes de vie en mer Égée et par une détérioration de la situation en Grèce.

Un porte-parole de l'agence onusienne, Leonard Doyle, a dit mardi que la décision de certains pays européens de resserrer les contrôles le long de leurs frontières pourrait avoir un «effet domino» et toucher des pays comme la Grèce, où il est très difficile d'empêcher les migrants d'arriver après être partis de Turquie.

Les médias turcs rapportent d'ailleurs que 22 personnes, dont quatre enfants, se sont noyées après que leur navire ait coulé au large des côtes du pays. L'agence de presse privée Dogan indique que 211 personnes ont été secourues après le naufrage, qui s'est produit en eaux internationales entre Datça, en Turquie, et l'île grecque de Kos.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a répété mardi que son pays prévoit accueillir 800 000 migrants cette année, après que le vice chancelier Sigmar Gabriel ait évoqué l'accueil d'un million de personnes la veille.

M. de Maizière appuie également la suggestion de couper le financement de l'Union européenne aux pays qui refusent d'accueillir leur juste part de réfugiés. Plusieurs pays, surtout en Europe de l'Est, refusent catégoriquement l'imposition de quotas obligatoires. L'idée de réduire leur financement avait tout d'abord été lancée par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

The Associated Press