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15/09/2015 06:20 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

La Bavière rurale et pittoresque, nouveau point d'entrée des migrants

La réintroduction des contrôles à la frontière germano-autrichienne a soulagé Munich de son flot incessant de migrants, mais c'est désormais Freilassing, petite bourgade pittoresque de Bavière, qui est devenu un point de passage pour ceux cherchant refuge en Allemagne.

Qu'ils arrivent par la route ou en train, les migrants sont pris en charge un à un par la police et les services sociaux aux abords de cette ville aux allures de carte postale de l'arrière-pays bavarois, avec ses collines verdoyantes et ses clochers.

A Freilassing, à 10 kilomètres de la ville autrichienne de Salzbourg, comme dans d'autres patelins frontaliers, les demandeurs d'asile sont répartis dans des bus à destination de différentes régions d'Allemagne, soulageant la capitale bavaroise Munich qui a vu 63.000 migrants arriver en moins de quinze jours.

"Avant, tout le monde allait à Munich (...) maintenant nous effectuons une sorte de pré-enregistrement, en prend leurs noms et tout ça. Ensuite, ils sont mis dans des bus et répartis à travers l'Allemagne", explique un porte-parole de la police bavaroise, Rainer Scharf.

Chaque migrant reçoit ensuite un petit bracelet vert pour signifier qu'il a bien été comptabilisé. Depuis dimanche, environ un millier de candidats à l'asile sont ainsi entrés en Allemagne, un pays qui attend cette année entre 800.000 et un million de demandeurs d'asile.

- Cachés dans la forêt -

Dans un premier temps, ces migrants ont cru que le pays qu'ils visaient depuis le début de leur périple à travers l'Europe avait décidé, dépassé par l'afflux, de verrouiller ses frontières aux nouveaux arrivants.

Hamad Ali, un Syrien de 27 ans qui a traversé l'Europe en 22 jours avec deux de ses frères et son épouse Nour, raconte que lorsque les contrôles aux frontières ont été rétablis dimanche, son premier réflexe a été de se cacher dans la forêt avec ses proches.

Dès qu'il a su qu'il pouvait se faire enregistrer et être logé dans un foyer d'accueil en Allemagne, lui et sa famille ont pris la direction de la gare de Freilassing.

"Tout est OK ici, on est sûrs et l'éducation en Allemagne est bonne", dit ce jeune avocat dans un anglais approximatif, précisant vouloir désormais étudier "le droit international".

Mohamed, un mécanicien de 40 ans originaire de Damas, est tout aussi content d'être arrivé au bout de son périple le long de la "route des Balkans" conduisant les Syriens de Turquie vers l'Allemagne, via la Hongrie notamment, où le traitement des migrants a été vigoureusement décrié par les ONG.

- Les policiers pris de court -

"En Hongrie, on nous forçait (à aller) dans des camps, on prenait nos empreintes digitales. Nous devions nous enfuir", raconte-t-il, tout en faisant la queue pour monter dans l'un des bus affrétés par les autorités. En Allemagne, si la police est ferme, il la juge "très sympa".

Du côté des agents, certains admettent, sous couvert de l'anonymat, que l'annonce du rétablissement des contrôles a pris tout le monde par surprise, d'autant que personne n'est formé à ce type de fonctions, deux décennies après l'introduction des accords de libre-circulation en Europe.

"On a l'habitude de garder des stades de foot lors de matchs et des manifestations politiques, mais rien de la sorte", confie un policier bavarois, gardant un oeil sur un groupe de quelque 300 hommes, femmes et enfants.

"Tout ça ne dépend pas de nous, mais il faudrait que les politiques se décident", dit-il en référence à la soudaine décision du pouvoir de passer d'un régime de portes ouvertes à des contrôles sur toutes les routes.

dlc/alf/mtr/pt