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15/09/2015 12:10 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Kenya: un organe officiel accuse les forces de sécurité d'exactions dans la lutte antiterroriste

La Commission officielle chargée de veiller au respect des droits de l'Homme au Kenya a accusé mardi les forces de sécurité d'un éventail de violations, dont des tortures et des meurtres, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" que mène le pays.

Dans un rapport, la Commission nationale des Droits de l'Homme du Kenya (KNCHR), organisme officiel prévu par la Constitution, recense 25 exécutions extra-judiciaires, 81 disparitions forcées et l'utilisation de tortures - dont simulations de noyade ou d'exécution, chocs électriques, mutilations génitales, exposition à des piqûres de fourmis dans la brousse - attribuables aux forces de sécurité.

"Les agences de sécurité kényanes continuent de mener des opérations abusives contre des individus et des groupes soupçonnés d'être associés à des attaques terroristes dans diverses parties du pays", selon ce rapport intitulé "L'erreur de combattre le terrorisme par la terreur".

Le vice-président de la KNCHR, George Morara, a exhorté le président kényan Uhuru Kenyatta à "reconnaître et condamner les violations commises par les agences de sécurité et exiger qu'elles respectent l'État de droit et les droits de l'Homme dans leur combat contre le terrorisme".

Le chef de l'État "devrait délivrer des excuses officielles publiques aux survivants et aux familles des victimes d'abus", a-t-il estimé.

Les forces kényanes de sécurité, qui peinent à endiguer les opérations des islamistes somaliens shebab au Kenya, sont régulièrement épinglées par les défenseurs des droits de l'Homme pour diverses violations, dont des meurtres, des exécutions sommaires, des arrestations arbitraire, des tortures ou des mauvais traitements, visant principalement les musulmans et membres de la minorité somali, Somaliens ou Kényans.

La KNHRC se dit "inquiète de ce que la répression actuelle continue de viser de façon disproportionnée les populations d'ethnie somali du Kenya et les musulmans de la région côtière".

"La classification de gens sur des bases ethniques ou religieuses constitue une discrimination et est par conséquent anticonstitutionnelle et viole les normes internationales", poursuit la Commission dans son rapport, qui décrit 120 cas d'abus présumés et fait état de "chambres de torture" dans les camps militaires de Wajir, Mandera et Lamu, régions du Nord et de l'Est kényans, proches de la frontière somalienne.

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