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15/09/2015 07:16 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Bahreïn: le chef de l'opposition chiite reste en prison

Une cour d'appel de Bahreïn a refusé mardi de remettre en liberté le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, qui purge une peine de quatre ans de prison pour incitation à la désobéissance, a indiqué une source judiciaire.

A l'ouverture de son procès en appel, cheikh Salmane a comparu au tribunal vêtu de l'uniforme gris des prisonniers, sans prendre la parole.

Lors de l'audience, le tribunal a rejeté une demande de la défense de le libérer et le parquet a au contraire demandé d'alourdir la peine de quatre ans de prison contre lui en requalifiant les charges.

Le chef de l'opposition a ensuite été reconduit en prison, menotté, et sa prochaine comparution a été fixée au 14 octobre.

Dans un communiqué, Al-Wefaq, le mouvement d'Ali Salmane, a estimé qu'en refusant de libérer son chef, la justice bahreïnie a ignoré les appels d'organisations internationales à l'abolition de procès qui "ne répondent pas aux standards internationaux".

Le 16 juin, cheikh Salmane avait été condamné en première instance à quatre ans de prison pour incitation à la désobéissance. Mais le tribunal n'avait pas retenu l'accusation de complot contre le régime, passible de peines plus lourdes.

"Nous rejetons tout verdict autre que l'acquittement de cheikh Salmane", avait alors affirmé le mouvement Al-Wefaq.

L'arrestation fin décembre du leader chiite, âgé de 49 ans, avait provoqué des manifestations et avait été condamnée par des organisations de défense des droits de l'Homme.

Al-Wefaq est le principal animateur de la contestation qui a débuté en février 2011 à Bahreïn, la majorité chiite réclamant à la dynastie sunnite au pouvoir des réformes politiques et une vraie monarchie constitutionnelle.

Les élections organisées en novembre 2014 à Bahreïn, petit royaume de 1,3 million d'habitants et siège de la Ve flotte américaine, avaient été boycottées par l'opposition.

Des dizaines de civils ont été tués dans les violences politico-religieuses à Bahreïn depuis 2011, ainsi que 17 policiers.

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