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15/09/2015 10:57 EDT | Actualisé 15/09/2016 01:12 EDT

Au salon de l'auto de Francfort, reprise européenne et vigilance sur la Chine

Le monde de l'automobile était réuni mardi au salon de Francfort, vitrine d'une industrie européenne sortie de crise mais inquiète du ralentissement du marché chinois sur lequel elle a beaucoup misé.

Stands démesurés, sonorisations tonitruantes et carrosseries étincelantes: le parc des expositions de la capitale financière allemande se transforme jusqu'au 27 septembre en temple de la voiture individuelle pour cette 66e édition de l'IAA, organisé tous les deux ans.

Plus de 210 premières mondiales, présentées par quelque 1.100 exposants venus de 39 pays, sont au programme. Mardi et mercredi sont réservés aux journalistes. Le grand public suivra samedi, après deux journées consacrées aux professionnels.

Ces derniers pouvaient avoir le sourire au vu de la reprise vigoureuse du marché européen, avec des immatriculations en hausse de 8,6% sur les huit premiers mois de l'année, après un bel été, selon les derniers chiffres de l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA).

La reprise sur le Vieux continent est "significative", a salué Didier Leroy, vice-président exécutif de Toyota.

Le marché européen "se porte mieux que prévu", a constaté pour sa part Carlos Tavares, président du directoire de PSA Peugeot Citroën, tout en soulignant que "malgré ce rebond, on est encore loin des niveaux d'avant 2007".

"La chute des ventes enclenchée en 2008 et qui s'est poursuivie jusqu'en 2013 (...) semble bel et bien terminée", souligne l'Observatoire Cetelem de l'automobile, qui table sur une croissance de 6% en 2015.

- essoufflement chinois -

De quoi réjouir Opel, filiale de l'américain General Motors. La marque à l'éclair, dans le rouge depuis des années, se voit "gagner des parts de marché (...) dans un marché en légère croissance" cette année, a indiqué son patron Karl-Thomas Neumann. Opel table sur un retour aux bénéfices en 2016, là où Ford Europe, également en difficulté, ne donne aucune date.

La santé retrouvée de certains marchés - l'Amérique du Nord pointe à son plus haut niveau historique - contraste avec les graves difficultés des zones émergentes comme le Brésil et la Russie.

Après des années de croissance à deux chiffres qui en ont fait le premier marché automobile mondial, la Chine subit un refroidissement brutal: +3% espérés au mieux cette année.

"La croissance en Chine a ralenti, sans aucun doute, (...) mais je crois que la demande de mobilité reste très forte", a dit lundi soir Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, un des poids lourds du marché chinois avec GM.

Evoquant des "ralentissements ponctuels", M. Tavares, de PSA, juge qu'il n'est "pas utile de paniquer".

"La question est de savoir combien de temps la phase de consolidation va durer", a indiqué Friedrich Eichiner, directeur financier de BMW.

Didier Leroy, de Toyota, abonde dans son sens, se demandant s'il s'agit d'un "décrochage ponctuel (...) ou si ce sera quelque chose qui représente un ralentissement durable et notable de l'économie chinoise".

Les spécialistes estiment dans l'ensemble que la Chine conserve un fort potentiel à long terme, au vu du taux d'équipement automobile encore très faible dans l'Empire du Milieu.

Pour Renault, beaucoup moins présent en Chine que son concurrent français, l'optimisme est de rigueur. "De tous les constructeurs européens, le constructeur qui est le moins inquiet de ce qui se passe en Chine, c'est bien Renault", a estimé son PDG Carlos Ghosn.

-4x4 urbains et électrique-

Sur le salon, Opel n'a pas lésiné sur les moyens pour présenter sa nouvelle Astra, suspendue à un mur-écran et tournant à 360 degrés. Avec la Renault Mégane 4, autre nouveauté, elle entend défier la championne des ventes européennes, la Volkswagen Golf.

Parallèlement à une abondance de 4x4 urbains (Volkswagen Tiguan, Ford Edge, Jaguar F-Pace ou Bentley Bentayga), l'électrique trouve une petite place. Audi et Porsche ont dévoilé chacun un concept-car tout-électrique d'une autonomie de 500 kilomètres, à même de rivaliser avec l'américain Tesla, et le japonais Toyota expose la quatrième génération de son hybride vedette, la Prius.

Le salon met également l'accent sur les nouvelles formes de mobilité, en consacrant pour la première fois un espace de 30.000 m2 à l'électrique, l'autopartage et la voiture connectée et autonome.

bur-esp/mtr/cr/

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