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14/09/2015 16:58 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

USA: dernière ligne droite pour les négociations salariales dans l'automobile

Les négociations salariales dans le secteur automobile américain restaient tendues lundi à quelques heures d'une échéance cruciale et avec la menace d'une grève chez Fiat Chrysler (FCA US) si aucun accord n'est trouvé.

Signe de l'enjeu, le patron du groupe, Sergio Marchionne, a annulé un déplacement prévu mardi au salon de l'automobile de Francfort pour se consacrer aux négociations qui doivent se conclure au plus tard lundi à minuit (04H00 GMT).

Depuis plusieurs semaines, les groupes du "Big Three" de Detroit (FCA US, General Motors et Ford) cherchent à trouver un accord avec le puissant syndicat UAW sur les contrats régissant les conditions de travail des salariés du secteur et qui arrivaient à expiration lundi soir.

Si aucun accord n'est trouvé avant l'heure-limite, FCA US a le plus à perdre: les salariés du groupe ont déjà approuvé le principe d'une grève et pourront aussitôt décider de cesser le travail, au risque de fragiliser un constructeur déjà en difficultés.

General Motors (GM) et Ford ont moins de soucis à se faire dans l'immédiat: le syndicat UAW a décidé d'étendre la durée de vie des contrats dans ces deux groupes au-delà de minuit afin de concentrer ses forces sur Fiat Chrysler, dont il a fait sa priorité.

FCA US est un "choix logique" pour le syndicat qui veut mettre un terme à un système de rémunération à deux étages imposé après la grave crise du secteur automobile, dans le sillage de la récession de 2008-2009, assure Harley Shaiken, un expert en droit du travail à l'université de Berkeley.

Le groupe est également une cible de choix parce que ses performances économiques sont moins brillantes que celles de ses deux rivaux. La menace d'une grève pourrait faire plier les dirigeants et aboutir à un accord qui qui pourrait ensuite façonner ceux à venir avec ses deux rivaux.

"C'est plus facile de débuter par le groupe le plus faible", assure M. Shaiken.

Face aux enjeux pour son groupe, le PDG de Fiat Chrysler (FCA US) Sergio Marchionne a renoncé à se rendre à Francfort pour lancer une nouvelle Alfa Roméo, invoquant "d'autres engagements aux Etats-Unis".

"Cela fait passer le message qu'il pense pouvoir obtenir quelque chose", a commenté Kristen Dziczek du Center for Automotive Research à Ann Arbor (nord).

FCA US s'est refusé à faire le moindre commentaire sur l'avancée des discussions mais une source proche du dossier a confirmé que son PDG serait directement impliqué dans les discussions.

Le président du syndicat UAW, David Williams, qui s'était montré très menaçant la semaine dernière, s'est voulu plus conciliant dimanche.

"Les trois entreprises travaillent dur pour parvenir à un accord salarial collectif", a-t-il déclaré dans un communiqué.

mso/jt/soe/bdx

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