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14/09/2015 16:22 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

La lutte contre Boko Haram au coeur d'une visite du président nigérian en France

La France et le Nigeria ont insité sur la nécessité de combattre les islamistes de Boko Haram comme ceux du groupe Etat islamique, au premier jour d'une visite officielle du président nigérian Muhammadu Buhari à Paris.

"Boko Haram est lié nous le savons à Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) et donc reçoit des aides, des soutiens de ce groupe", a lancé le président français François Hollande à l'issue d'un entretien avec son homologue nigérian.

"Lutter contre Boko Haram c'est lutter contre Daech. Et nous ne pouvons plus distinguer le terrorisme selon les régions, c'est le même terrorisme, inspiré par les mêmes idéologies de mort", a-t-il insisté lors d'une déclaration aux médias.

La menace est régionale, a renchéri à ses côtés M. Buhari. "Le champ de bataille de Boko Haram est le Nigeria mais le groupe a étendu des opérations après avoir fait allégeance à l'EI", a-t-il relevé.

Depuis son élection fin mai, le président nigérian a érigé en priorité la lutte contre l'organisation islamiste, tenue pour responsable de la mort de plus de 15.000 personnes en six ans, essentiellement dans le nord-est du Nigeria. Il s'est à cette fin rapproché de ses voisins francophones, eux aussi visés par le groupe.

Une double attaque suicide a encore fait au moins 7 morts dimanche dans l'extrême nord du Cameroun, la neuvième en un peu plus de deux mois dans cette zone frontalière du Nigeria.

L'organisation Boko Haram "est sur le recul car elle ne contrôle plus un vaste territoire comme il y a quelques mois, mais elle est capable de mener des attentats de grande ampleur et simultanément dans plusieurs pays, au Nigeria, au Cameroun, au Tchad", observe-t-on dans l'entourage de François Hollande.

Une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), composée de troupes du Nigeria, du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Bénin, et dont le lancement a été plusieurs fois retardé, doit être déployée incessamment dans le nord-est du Nigeria.

La France, qui dispose d'une forte présence militaire dans la capitale tchadienne, N'Djamena, pour combattre les jihadistes dans la région du Sahel, apporte à Abuja une aide "surtout axée sur les opérations de renseignement" mais aussi de formation et d'équipement.

- 'Solidarité sans faille' -

Après un premier sommet en mai 2014 à Paris, le président Hollande avait proposé fin août aux pays impliqués dans la lutte contre Boko Haram de se réunir à nouveau à Paris pour envisager des actions communes. Il a renouvelé cette proposition lundi mais aucune annonce n'a été faite.

Lors de cette première visite officielle en Europe, Muhammadu Buhari rencontrera également le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie, Laurent Fabius et les ministres de l'Economie, Emmanuel Macron, et des Finances, Michel Sapin.

Il sera l'hôte mardi du patronat et des investisseurs français. Il s'entretiendra notamment avec les dirigeants de plusieurs grands groupes présents au Nigeria, comme le géant pétrolier Total ou le cimentier Lafarge.

M. Buhari cherche à revitaliser l'économie de son pays, dépendante du pétrole, après une baisse des recettes provoquée par la chute des cours du brut.

"La France veut encore davantage être présente au Nigeria", a déclaré le président Hollande, alors que de grandes entreprises françaises, comme Carrefour ou Peugeot, projettent de s'implanter dans ce pays.

Première puissance économique d'Afrique, le Nigeria est le premier partenaire commercial de Paris en Afrique subsaharienne avec un volume d'échanges de 5,6 milliards d'euros. Il est aussi le troisième récipiendaire d'investissements français sur le continent avec un stock d'investissements directs de 7,2 milliards d'euros.

M. Hollande a annoncé lundi la signature avec l'Agence française de développement d'une convention de 130 millions d'euros "pour soutenir la nouvelle banque de développement du Nigeria".

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