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14/09/2015 12:37 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

La Belgique veut évacuer le camp pour réfugiés installé à Bruxelles

Le Premier ministre belge Charles Michel a demandé lundi l'aménagement et l'ouverture 24 heures sur 24 d'un centre d'urgence à Bruxelles pour accueillir les demandeurs d'asile, afin de pouvoir entamer "l'évacuation progressive" d'un camp érigé dans un parc public par un collectif de citoyens.

Les autorités belges "poursuivent le travail afin d'augmenter le nombre de places de pré-accueil" afin "d'entamer une évacuation progressive et organisée du Parc Maximilien", a indiqué dans un communiqué le chef du gouvernement belge.

Le centre doit être installé dans le WTC III, un immeuble de bureaux qui dispose actuellement d'étages inoccupés. Il accueillera les demandeurs d'asile en attente d'un enregistrement de leur dossier par l'Office des Etrangers et pourra héberger 300 personnes.

"La Croix-Rouge est en mesure de rendre cette ouverture effective dès mardi après-midi. Il faut, notamment, d'ici demain, optimaliser les installations sanitaires", a précisé Charles Michel.

Cet immeuble accueille déjà des réfugiés mais seulement une vingtaine de personnes par nuit depuis une semaine, faute de sanitaires ou de distributions de nourriture, sur les 500 places prévues. En outre, le centre n'est ouvert que la nuit.

Débordé, l'Office des Etrangers n'a été en mesure de traiter que 1.479 demandes d'asile la semaine dernière, priant des centaines d'autres demandeurs de revenir trois à sept jours plus tard, selon le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Théo Francken.

Début septembre, des citoyens, rejoints par des ONG comme Médecins du Monde, avaient érigé dans le parc Maximilien, situé face à l'office, un camp de tentes, avec cantine, sanitaires, poste médical, distributions de vêtement et même une école. Il est occupé par près d'un millier de personnes, dans des conditions qui se détériorent en raison de l'arrivée de la pluie.

Sous pression, le gouvernement avait fini par ouvrir aux réfugiés le WTC III voisin.

L'annonce de le maintenir comme lieu d'accueil a été fraichement accueillie par les gestionnaires du camp actuel. "Le WTC III n'est pas une solution adaptée et on va maintenant y héberger 300 personnes (...) alors qu'il y en a 800 qui dorment dans le campement", a réagi la porte-parole de la "Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés", Elodie Francart, citée par l'agence Belga.

Le groupement citoyen avait proposé un autre lieu proche, l'ancien hôtel des Douanes, jugeant que, moyennant des travaux, le site "très spacieux, constituait un choix intéressant". Le gouvernement fédéral "nous a alors rétorqué que nous n'avions qu'à effectuer ces travaux nous-mêmes. Cette réaction nous a sidérés car il n'est pas de notre responsabilité de sécuriser un bâtiment fédéral pour accueillir les réfugiés", a-t-elle ajouté.

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